Écrire un livre est un rêve pour plusieurs, mais un rêve qui peut parfois s’avérer cruel. L’opération n’est pas de tout repos, et la récompense, pour la plupart d’entre nous, est loin d’être généreuse. Ce texte est inspiré d’un article publié par Dana Schwartz sur le site Observer (http://observer.com/2017/05/15-things-you-probably-didnt-know-about-publishing-a-book/).

Voici donc 7 vérités que vous devez savoir avant de publier un livre par l’entremise d’une firme d’édition.

1. Vous devrez faire preuve de beaucoup de patience.

Dana Schwartz fait allusion, dans un premier temps, au contrat qu’elle a signé avec son éditeur,  Penguin /Razorbill, à la fin de l’été 2015. Son livre n’est cependant sorti en librairie que le 2 mai dernier (2017). Or, précise-t-elle, ce délai est malgré tout raisonnable quand on tient compte des pratiques du milieu de l’édition.

Pour la plupart des auteurs qui font leurs premiers pas en ce domaine, les étapes sont longues et ardues : écriture du roman, révision et correction, soumission aux agents littéraires (pour les Américains surtout, cette approche n’étant pas très usuelle chez les francophones). Vous attendez quelques mois ¾ peut-être plus d’un an pour certains ¾ puis un agent vous fait signe. Il est plus que probable qu’il vous fera réviser, peut-être même réécrire en partie votre manuscrit, qu’il enverra à quelques éditeurs qu’il connaît, lesquels éditeurs en ont reçu une panoplie. Attendez encore quelques mois. Si un éditeur mord à l’hameçon, ce qui est loin d’être toujours le cas, vous vous frottez les mains, vous venez enfin de réaliser votre rêve. Mais il y a un hic : l’éditeur exige une nouvelle révision. Il faudra vous y faire pourtant, et ajoutons que de nombreux auteurs ne reconnaissent même plus leur roman original après le passage à l’imprimerie.

2. On aime tous se voir comme des auteurs talentueux, mais…

Comme on l’a souligné dans le premier point, les travaux de réécriture et de révision ne manquent pas. On devra en compter plusieurs. On nous demandera de réécrire des chapitres ou des paragraphes complets, d’en supprimer même, de revoir les décors, les mises en situation, les personnages. Avec son éditeur, Dana Schwartz a dû passer au travers de trois ou quatre révisions. Oui, c’est cruel, mais l’éditeur connaît le milieu du livre. Il sait donc de quoi il retourne. Du moins, c’est ce qu’on dit…

3. Il y a de fortes possibilités que vous n’ayez pas votre mot à dire sur la couverture.

Les plus grandes firmes d’édition ont leur propre équipe consacrée au design. Les autres font affaire avec des contractuels. Il se peut que l’éditeur montre la couverture à l’auteur pour approbation, mais il se peut aussi qu’il ne le fasse pas. Anne Rice a admis n’avoir jamais eu de contrôle sur ce point. D’autres disent avoir pu donner quelques idées à l’équipe éditoriale, sans plus. Un fait, donc, à retenir.

4. Il y a aussi de fortes possibilités que vous n’ayez pas votre mot à dire sur le titre.

Parce que les éditeurs connaissent bien le marché du livre, ils vont aussi vouloir s’approprier le titre. Car le titre, la couverture, la quatrième de couverture, ce sont tous des éléments qui entrent dans le champ du marketing. Pour vendre, il faut un titre accrocheur, et l’éditeur voudra avoir le dernier mot à cet égard.

5. Votre livre est vendu en librairie? Ne quittez pas votre emploi.

Personne ne choisit le métier d’auteur pour devenir riche. Il vous faudra beaucoup de chance et d’effort pour vendre votre livre. À moins que vous ne soyez un ancien président des États-Unis ou une célébrité, vous ne vendrez pas 100 000 copies de votre premier livre. Et pour le deuxième, ne comptez pas trop sur les avances versées par votre éditeur. Si elles dépassent les 10 000 dollars, estimez-vous heureux.

6. Vous devrez porter une partie de la promotion sur vos épaules.

Vous l’avez bien lu, vous devrez effectuer vous-même une partie de la promotion. Réseaux sociaux, entrevues dans les médias locaux, articles de blogue, vous ne devez pas rater une occasion de promouvoir votre livre, car la promotion de l’éditeur est limitée, sauf bien sûr si vous vous appelez Dan Brown.

7. Vous aurez besoin d’une bonne carapace.

Certains n’aimeront pas votre livre. Vous devrez faire face à la critique, certes, mais aussi, à l’heure des réseaux sociaux, au « bashing ». Vous obtiendrez des notes d’une seule étoile sur Goodreads, peut-être aussi sur Amazon. Votre livre paraîtra ennuyeux pour certains. Vous passerez donc de mauvais quarts d’heure à lire ces critiques. Ici aussi, vous devrez vous y faire.

Le dernier mot : ne lâchez surtout pas, le jeu en vaut la chandelle.

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