L’Homme est guidé par son instinct grégaire. C’est pourquoi dans nos sociétés tout le monde imite tout le monde. Un mot, une formule ou une phrase peuvent se répandre comme une traînée de poudre, sans que chacun prenne la peine de réfléchir sur la qualité même des énoncés.

Voici une liste de tics de langage véhiculés dans nos médias, eux qui sont toujours enclins à déformer notre belle langue. À l’oral, vous faites comme bon vous semble. Mais à l’écrit, évitez-les autant que faire se peut.

  • On parle de… : on l’entend à répétition à la télé. Ainsi, le reporter nous gave constamment de ces « perles », comme celle-ci : on parle de trois arrestations. Ou encore celle-ci : on parle de cent mille dollars de dommages. Pire, à Météomédia (et même ailleurs), on utilise cette absurdité : demain, on parlera de pluie, pour nous dire, en fait, que nous aurons droit à de la pluie. À remplacer, donc, par nous aurons droit à, il y a, il y aura, il s’agit, etc.
  • En mode : une autre expression calquée sur l’anglais (to be in… mode). Employée dans la langue technique (il est préférable d’imprimer en mode brouillon), vaut mieux s’en passer dans la langue générale. Quelques exemples : l’annonce surprise a conduit les dirigeants à gérer l’entreprise en cédant à la panique, plutôt que L’annonce surprise a conduit les dirigeants à gérer l’entreprise en mode panique. Ou encore la sonnerie de son cellulaire le rappelle aussitôt à son travail, plutôt que La sonnerie de son cellulaire le fait aussitôt passer en mode travail.
  • Dépendamment de… : si la formule indépendamment de est encore utilisée de nos jours, ce n’est plus le cas de dépendamment de. Est-ce parce que son équivalente, dépendant de, est considérée comme un calque? Peut-être. On lui préfère selon, en fonction de.
  • Le moindrement : moindrement est un québécisme. L’utiliser n’est pas grave, c’est sa surutilisation qui peut l’être, surtout à l’écrit. Variez votre approche et remplacez-le par (un) tant soit peu.
  • En autant que : un autre calque. Préférez pour autant que, pourvu que, dans la mesure où, autant que ou vu que.
  • Tant et aussi longtemps que : long et inutile. Employez simplement aussi longtemps que, ou tant que.
  • C’est sûr et certain : si c’est sûr, c’est certain; si c’est certain, c’est sûr. Pourquoi les deux?
  • Ça fait du sens : laid, laid et encore laid. Un autre calque de l’anglais (ils sont légion) to make sense. Voici quelques exemples tirés de la Banque de dépannage linguistique : 1) Dans le monde chrétien, ce rite fait du sens; à remplacer par Dans le monde chrétien, ce rite a un sens. 2) La culture biologique est un choix qui fait du sens sur le plan environnemental; à remplacer par La culture biologique est un choix censé sur le plan environnemental. 3) Son analyse ne fait pas de sens; à remplacer par Son analyse ne tient pas debout.
  • Trop, c’est comme pas assez : une tournure presque métaphorique. Pour l’écrit, oubliez-là. Trop familier. C’est trop, ou c’est assez pourraient la remplacer à l’occasion.
  • Prendre une chance : j’aimerais bien prendre une chance, mais où se trouve-t-elle? Pourquoi utilise-t-on cette expression dans le sens de prendre un risque, courir le risque? Aucune idée. Du côté positif, on pourrait facilement la remplacer par tenter sa chance.
  • Au niveau de : comment dit-on au Québec? Pu capab’? En faisant un effort, on peut le remplacer par en ce qui concerne, pour ce qui est de, à propos de, en matière de, et j’en passe.
  • Dans le cadre du cinquième anniversaire… : on doit plutôt écrire à l’occasion du cinquième anniversaire.
  • C’est super, c’est génial : c’est écœurant aussi À proscrire à l’écrit. Des tonnes de formules peuvent la remplacer.

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