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Ayman al-Zawahiri restait dans un pays sur lequel pleuvent des milliards en provenance des pays occidentaux.

Ce week-end, les États-Unis ont tué le numéro 1 d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, à l’aide de drones. Les services de renseignement américains avaient découvert que le leader s’était niché à Kaboul, protégé par de vieilles connaissances, les talibans.

Personne n’a été surpris d’apprendre que les liens entre ces derniers et Al-Qaida n’ont jamais été interrompus. Ce qui peut surprendre, par contre — ou peut-être pas, c’est selon —, c’est que les pays occidentaux envoient des milliards en Afghanistan, un pays au passé — et au présent — fort trouble.

Par l’intermédiaire de l’Agence américaine pour le développement international, les États-Unis faisaient parvenir 55 millions de dollars à titre d’aide humanitaire à l’Afghanistan le 22 juin dernier. Depuis la reprise du pouvoir des talibans à Kaboul en août dernier, Washington a fourni plus de 774 millions au même pays.

Le Canada, depuis 2001, a quant à lui 3,6 milliards de dollars en aide internationale à l’Afghanistan, laquelle est axée sur l’éducation, la santé et les droits de la personne, selon les propres mots d’Ottawa. En janvier dernier, l’ONU et ses partenaires — dont évidemment le Canada — ont lancé une initiative visant à collecter 4,4 milliards de dollars de fonds destinés à l’Afghanistan seulement pour cette année.

Depuis 2002, l’Union européenne (UE) a craché plus de 4 milliards d’euros destinés encore une fois à l’Afghanistan à titre d’aide au développement, ce qui fait de ce pays le plus grand bénéficiaire de l’aide au développement de l’UE dans le monde.

Mais ces fonds sont réservés à une bonne cause, non? Trop facile. Personne ne sait si la cagnotte va au bon endroit, ce que n’oseront admettre les Justin Trudeau et Joe Biden de ce monde. « Si nous envoyons de la nourriture [en Afghanistan], ce qui ne semble pas déraisonnable, comment pouvons-nous supposer qu’elle ne servira pas à nourrir les soldats talibans et le régime terroriste plutôt que la population? », s’est questionné Aurel Braun, professeur de relations internationales et de sciences politiques à l’Université de Toronto, lors d’une entrevue qu’il a accordée à Global News en octobre 2021.

Durant une rencontre du G20 l’an dernier, politiciens et diplomates présents ne semblaient pas être en mesure de certifier que les fonds versés à l’Afghanistan ne servaient pas davantage les intérêts des talibans. Même en travaillant directement avec les agences humanitaires, rien n’est coulé dans le béton. Tous savent que les risques de détournement de fonds sont élevés. On peut donc dire sans se tromper que l’Ouest contribue à enrichir un régime qui lui est pourtant hostile et qui abrite des terroristes. Pas mal.

Terminons avec une anecdote tirée d’une déclaration qui en dit long sur l’incompétence des dirigeants occidentaux. « Nous sommes allés en Afghanistan il y a près de 20 ans avec des objectifs clairs : faire tomber ceux qui nous ont attaqués le 11 septembre 2001 et faire en sorte qu’Al-Qaida ne puisse pas utiliser l’Afghanistan comme base à partir de laquelle il pourrait nous attaquer à nouveau. Nous l’avons fait. Nous avons sévèrement dégradé Al-Qaida en Afghanistan ».

Ces propos ont été tenus par nul autre que le président américain Joe Biden le 16 août 2021, alors que les talibans (re)débarquaient à Kaboul. Un an plus tard, et ce presque jour pour jour, le même président ordonnait une frappe à Kaboul contre le leader d’une organisation qui ne devait plus jouer aucun rôle en Afghanistan.

Comment dire…


Sources

CanWaCH, Global News, Gouvernement américain, PJ Media, Union européenne

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