Malgré un discours parfois haineux, le Parti démocrate s’en tire indemne grâce à ses alliés médiatiques. Un dossier complet.

Abstraction faite de la pandémie, s’il n’y a qu’une chose à retenir de l’actualité des derniers mois aux États-Unis, c’est que l’espace politique accordé aux républicains se rétrécit à vue d’oeil. Comptes Twitter ou Facebook bannis, reportages assassins à CNN, articles peu élogieux dans le New York Times ou le Washington Post, les conservateurs américains, même débarrassés de Donald Trump, sont vus comme des suppôts du diable par la Grande alliance démocrate qui les accuse de se positionner à l’extrême droite du spectre idéologique. 

Pourtant, la rhétorique du parti de Joe Biden est plus belliqueuse que jamais, puisant sans cesse dans la violence, les menaces et l’antisémitisme, et ce, sans que les médias s’en émeuvent.

Vaccination en Palestine : une théorie du complot

Qu’ont en commun Jamal Bowman, Joaquin Castro, Marie Newman, Tim Kaine et Rashida Tlaib? Tous siègent au Congrès américain sous les couleurs démocrates. Quoi d’autre? Ils défendent la théorie du complot selon laquelle Israël refuse délibérément de vacciner les Palestiniens contre le COVID-19.

Cette théorie, très présente dans les cercles de gauche et d’extrême gauche, a aussi été mise de l’avant par des médias qui n’ont visiblement pas fait leurs devoirs. Car selon les accords d’Oslo de 1995, le gouvernement palestinien est responsable des résidents de la Cisjordanie et de Gaza, donc de leur vaccination par le fait même. Mais pour Rashida Tlaib, une musulmane, Israël est un « État raciste » qui pratique une forme d’« apartheid ». Si les médias sont restés silencieux sur ces propos, un allié même du Parti démocrate, la Democratic Majority for Israel, a pris les devants en accusant Tlaib de se livrer à une « calomnie de meurtre rituel ».

On peut se demander pourquoi les défenseurs de la cause palestinienne, très prompts à faire la leçon aux Juifs, ont toujours occulté l’hostilité que manifeste l’Autorité palestinienne (AP) à leur endroit. Aucun des représentants démocrates cités plus haut n’a par exemple dénoncé un proche conseiller du président Abbas, Mahmoud al-Habbash, qui a déjà déclaré que l’humanité ne pourra « vivre dans la paix, la fortune ou la tranquillité tant que [les Juifs] souilleront » la Terre. Un discours qui aurait pu être tenu par des chemises brunes à une autre époque en Allemagne.

Antisémitisme : le cas d’Ilhan Omar

En voici une qui est devenue experte en controverses. Nous avons monté un dossier à son sujet, mais retenons ici un seul aspect de celui-ci : les tendances antisémites de Madame.

Le premier volet de cet antisémitisme d’Ilhan Omar à avoir été aperçu dans le radar de ses détracteurs est un tweet qui date de 2012. « Israël a hypnotisé le monde, qu’Allah réveille le peuple et l’aide à voir les mauvaises actions d’Israël », avait-elle écrit. Elle avait dû s’expliquer sur ce message provocateur après avoir été élue au Congrès en 2018. Mais les explications n’ont pas convaincu tout le monde, tant s’en faut.

En février 2019, la représentante démocrate avait été invitée à prononcer un discours lors d’une collecte de fonds pour le Yémen organisé par Islamic Relief USA à Tampa, en Floride. Un de ceux qui avaient partagé la tribune avec elle cette journée-là était Yousef Abdallah, un islamiste qui prône depuis longtemps la violence contre les Juifs. Encore une fois, Omar avait dû s’expliquer sur sa présence à cette collecte de fonds. Surtout que les Occidentaux ont toutes les raisons d’accumuler les griefs à l’endroit d’Islamic Relief, une organisation proche des cercles terroristes.

Le geste était d’autant plus douteux qu’Omar, avant de se présenter au dîner d’Islamic Relief, avait pointé un doigt accusateur contre l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), affirmant que l’organisation juive soudoyait des politiciens américains afin qu’ils prennent position en faveur d’Israël. Cette fois-là, plusieurs de ses collègues démocrates avaient manifesté leur désapprobation face à cette autre sortie ratée de leur mouton noir.

La dame à demi voilée n’en est toutefois pas restée là. Elle a une fois participé à une entrevue animée par Marc Lamont Hill, un activiste qui avait été licencié de CNN pour avoir publiquement appelé à la destruction d’Israël. Quand un réseau médiatique fleurtant avec l’extrême gauche vous flanque à la porte pour vos opinions extrémistes, c’est qu’il y a péril en la demeure.

Des nominations qui auraient dû être rejetées

Depuis qu’il a été élu président des États-Unis, Joe Biden accumule les nominations que l’on pourrait aisément qualifier de préoccupantes. On a parlé d’Ilhan Omar, qui a été promue au poste de vice-présidente du sous-comité sur l’Afrique, la santé mondiale et les droits de l’homme au sein de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Mais quatre autres nominations nous intéressent.

L’une d’elles est celle de Reema Dodin, une Américaine d’origine palestinienne qui servira aux côtés de Shuwanza Goff à titre de directrice adjointe du Bureau des affaires législatives de la Maison-Blanche. Pour mieux connaître cette femme, citons le Jerusalem Post. « L’islam nous apprend à nous défendre », avait une fois déclaré Reema Dodin. Banal? Attendez la suite.

Car à l’époque où elle était l’une des leaders américaines de la Muslim Students Association, une pure création des Frères musulmans, « Dodin avait soutenu que les attaques suicides étaient une tragique, mais inévitable réponse au soutien des États-Unis à Israël », nous raconte le Jerusalem Post.

Une autre nomination, celle de Hady Amr, devenu depuis peu sous-secrétaire d’État adjoint pour le dossier Israël-Palestine, n’aurait jamais dû passer la rampe. « J’ai été inspiré par l’Intifada palestinienne », avait dit Amr au lendemain du 11-Septembre. Cliché que l’on retrouve trop souvent chez les islamistes, l’homme a accusé Israël de se livrer à du « nettoyage ethnique » et à un « apartheid » à l’endroit des Palestiniens.

À titre de collaborateur au Brookings Institute, financé en grande partie par le Qatar, Amr a par ailleurs exhorté les « organisations des Frères musulmans à travers le monde à s’engager » dans l’action politique. Il a aussi préconisé la négociation avec le Hamas, un groupe désigné comme terroriste en Occident.

Maher Bitar, nouveau directeur principal du renseignement au National Security Council (NSC), est un autre cas préoccupant. En 2006, Bitar avait participé à une conférence du Palestine Solidarity Movement, durant laquelle il avait organisé une session sur les stratégies visant à diaboliser Israël.

Notons un dernier nom, Matt Duss, pressenti pour un poste de conseiller au sein du département d’État de Joe Biden. Duss a été accusé d’avoir mis de l’avant des théories du complot antisémite au cours de son mandat chez le groupe de réflexion Center for American Progress. En 2013, il avait fait face à une réaction violente de certains internautes après avoir publié des affiches de propagande nazie sur les réseaux sociaux.

Violence et menaces de mort dans l’Amérique démocrate

De nombreuses manifestations ont tourné au vinaigre au printemps et à l’été 2020 aux États-Unis, manifestations pour la plupart organisées par des groupes d’extrême gauche comme Black Lives Matter et le mouvement Antifa.

Dans les médias grands publics, la ligne éditoriale imposait le silence sur la violence de ces manifestations, alors que plusieurs se sont transformées en émeutes. Pire, on a même parlé de « peaceful protests » (manifestations pacifiques), formulation privilégiée entre autres par le réseau CNN. Objectif : ne pas nuire aux chances de Joe Biden d’accéder à la plus haute marche du podium. Depuis lors, l’extrême gauche comme la gauche démocrate usent d’un discours qui fait froid dans le dos.

Ce fut le cas de l’historien Nils Gilman qui, le 21 septembre l’an dernier, en a appelé sur Twitter à l’exécution de Michael Anton, journaliste et ancien conseiller du président américain Donald Trump. Ni Gilman ni Twitter n’ont retiré le message. Michael Anton a été la cible de Gilman après avoir publié un article intitulé « The Coming Coup » dans le magazine conservateur The American Mind. Dans cet article, Anton suggérait que les démocrates ne reconnaîtraient pas l’élection de Trump et qu’en conséquence ils prépareraient une forme de coup d’État.

Neuf jours plus tard, l’ancien PDG de Twitter, Dick Costolo, accusait le président de Coinbase, Brian Armstrong, d’être un capitaliste profiteur qui sera parmi les premiers « alignés contre le mur pour être fusillés durant la révolution ». Costolo en voulait au dirigeant de Coinbase de ne pas obliger les employés de la compagnie à s’engager dans des programmes de justice sociale qui mettent de l’avant la théorie critique de la race, un des chevaux de bataille des démocrates. L’ex-PDG de Twitter a dû supprimer son tweet devant le tollé qu’il a provoqué.

Dans un article paru dans Salon le 1er août, Paul Rosenberg a parlé de « dé-trumpification » de l’Amérique, une formule qui fait penser à la dékoulakisation de l’URSS sous Joseph Staline. Pour Rosenberg, même avec Joe Biden aux commandes, le « trumpisme » allait survivre aux élections et continuer à représenter une « menace existentielle », d’où la nécessité de l’éradiquer.

Un ancien animateur de MSNBC, Keith Olbermann, est allé plus loin en déclarant que tous ceux qui étaient associés de près ou de loin à Trump, y compris ses « facilitateurs et partisans », devaient être « poursuivis, condamnés et écartés de notre société ». Olbermann, comme Robert Reich, compte près d’un million d’abonnés sur Twitter.

Olbermann et Rosenberg suivaient les pas d’un contributeur au réseau CNN, Reza Aslan, qui avait déclaré le 4 août 2019 sur Twitter que tous les partisans de Trump « [devaient] être éradiqués de la société », ajoutant qu’il n’y avait « plus de place pour la nuance ». Aslan, qui compte près de 300 000 abonnés, ne s’est jamais excusé pour ses propos.

Digne de mentions dans ce palmarès : des Antifa qui s’en sont pris au sénateur républicain Rand Paul, du Kentucky, ainsi que sa femme, tandis que tous deux sortaient de la Convention nationale du Parti républicain en août 2020. Paul est convaincu que lui et sa femme auraient pu être gravement blessés ou même tués n’eût été la présence de policiers pour disperser les Antifa. Dans les médias démocrates, cet incident n’a pas fait couler un centième d’un millilitre d’encre.


Sources

Breitbart News, Frontpage Magazine, Jewish News Syndicate, Jihad Watch #1, #2, The Federalist, The Jerusalem Post, The Times of Israel

 

Pour faire un don