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Le président américain est entré au Sénat en 1973 avec la ferme intention de se dresser contre le droit à l’avortement.

On ne cesse d’en parler depuis deux jours : le jugement Roe c. Wade protégeant le droit à l’avortement aux États-Unis pourrait être annulé par la Cour suprême d’ici juin, si l’on se fie à des informations qui ont fait l’objet d’une fuite dans les médias. Depuis cette révélation, le président américain Joe Biden est apparu à plusieurs reprises le visage crispé, comme s’il était en proie à une attaque cardiaque, pour dénoncer la possible décision de la Cour suprême.

C’est pourtant le même Biden qui, en 1973, soit peu de temps après que l’arrêt Roe c. Wade eut été prononcé, est entré au Sénat gonflé à bloc en disant que la Cour suprême était allée « trop loin » sur le droit à l’avortement. Un an plus tard, il déclarait à un journaliste qu’une femme ne devait pas seule avoir le « droit de dire ce qui devrait arriver à son corps ». Puis tout au long des années 80, l’actuel président a voté à plusieurs reprises contre le financement de l’avortement dans le cadre du régime de soins de santé fourni aux employés fédéraux et aux détenus des prisons fédérales.

En 1981, il a proposé l’amendement qui portait son nom pour interdire l’aide étrangère dans la recherche biomédicale liée à l’avortement. Il a également voté à quelques occasions pour le soi-disant amendement Hyde qui interdit l’utilisation de fonds fédéraux pour l’avortement.

En 1994, Biden avait écrit dans une lettre envoyée à un électeur qu’il allait continuer « à respecter le même principe qui m’a guidé tout au long de mes 21 années au Sénat : ceux d’entre nous qui sont opposés à l’avortement ne devraient pas être obligés de payer pour cela ». Le 21 octobre 2003, il figurait parmi les 64 sénateurs qui avaient voté en faveur d’un projet de loi visant à interdire la procédure communément appelée « avortement partiel ».

Pourquoi ce changement de ton alors? Certains diront que la pensée d’un homme évolue, mais il se pourrait que le président, affaibli par la sénilité, n’ait pas le choix de se plier aux diktats de la majorité de son parti à quelques mois des élections de mi-mandat.


Sources

Document A, Document B, La Presse, Sénat des États-Unis, The New York Times

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