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Les États-Unis tendent la main au Pakistan et au Qatar, deux commanditaires de premier plan du terrorisme.

Mêlée par sa faute au bourbier afghan qui l’a fait mal paraître, l’Administration Biden se tourne maintenant vers des pays qui ont permis le retour des talibans au pouvoir : le Pakistan et le Qatar.

Comme je l’ai raconté dans mon livre 11-Septembre, 20 ans après : la vérité, les mythes, le Qatar et le Pakistan sont parmi les principaux parrains de l’intégrisme dans le monde. 

Visite chez les intégristes qataris

Il y a quelques jours, le secrétaire d’État Anthony Blinken et son collègue à la Défense Loyd Austin sont arrivés au Qatar, devenu l’interlocuteur majeur des talibans, pour entre autres rencontrer l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani et discuter du dossier afghan.

Dans les circonstances, on sort les fleurs et on louange l’hôte, ce qui, évidemment, a été le cas avec la délégation américaine qui a exprimé sa reconnaissance au gouvernement qatari pour son « étroite collaboration […] concernant l’Afghanistan ». Ce baisemain diplomatique avait commencé en 2013 sous l’administration Obama qui avait alors demandé au Qatar d’entreprendre des discussions avec les talibans. Depuis, rien n’a été fait du côté américain pour empêcher les obscurantistes afghans de se faufiler entre les mailles du filet et ainsi reprendre le trône de Kaboul.

Le Qatar a pourtant été publiquement mis au banc des accusés pour avoir appuyé des groupes terroristes. Il a notamment abrité pendant un temps Khalid Cheikh Mohammed, le cerveau des attentats de 2001, dans les années 90. Puis alors qu’il était en fuite, Cheikh Mohammed était retourné au Qatar après le 11-Septembre, où il serait resté deux semaines, selon une source du renseignement saoudien citée par le New York Times dans un article paru en 2003.

Le journaliste et écrivain politique Kenneth Timmerman avait par ailleurs découvert en 1998 qu’Al-Qaida recevait des paiements directs de l’ambassade du Qatar à Londres. Un transfuge d’Al-Qaida qui s’est exilé aux États-Unis en 1996, Jamal al-Fadl, avait déclaré aux autorités américaines qu’Oussama bin Laden lui avait avoué que la Qatar Charitable Society (devenue depuis la Qatar Charity), parrainée par la famille royale, était l’une des principales sources de financement d’Al-Qaida.

Bin Laden lui-même aurait visité le Qatar à au moins deux reprises entre 1996 et 2000, à une époque où il était déjà fiché par le renseignement américain.

Aujourd’hui, le gouvernement qatari protège et abrite des intégristes membres des Frères musulmans et du groupe terroriste Hamas, deux entités qui ont aussi reçu leur part de financement de Doha.  

On discute avec les parrains des talibans

Le directeur de la CIA, William Burns, a quant à lui rencontré le chef de l’armée pakistanaise, le général Qamar Javed Bajwa, ainsi que le chef des services de renseignement du Pakistan (ISI), le lieutenant général Faiz Hamid, pour discuter du sempiternel dossier afghan. Là aussi, la bienséance diplomatique était de mise, le Pakistan se disant « déterminé à coopérer avec ses partenaires internationaux pour la paix dans la région et pour assurer un avenir stable et prospère au peuple afghan », selon un communiqué du gouvernement.

Une phrase pompeuse qui permet d’occulter un fait important : le Pakistan a toujours souhaité le retour des talibans au pouvoir. Et il est fort possible qu’il ne se trouvât pas très loin des officines talibanes ces dernières années.

L’Inter Services Intelligence, le service de renseignement de l’armée pakistanaise connu sous le sigle ISI, a toujours été au coeur des réseaux djihadistes. C’est l’ISI qui a permis aux talibans d’occuper la majeure partie de l’Afghanistan et de conquérir Kaboul en 1996. C’est aussi l’ISI qui mettait des bâtons dans les roues des forces américaines stationnées en Afghanistan dès les premiers jours de l’intervention des États-Unis en octobre 2001.

D’ailleurs, à peine un mois avant le début de cette intervention, soit le 17 septembre 2001, le directeur de l’ISI à l’époque, Mahmood Ahmed, s’était rendu auprès du mollah Omar, le chef des talibans, pour lui conseiller de résister aux États-Unis et de continuer à protéger son invité saoudien, Oussama bin Laden. Plus tard, c’est l’ISI qui a coordonné l’effort de guerre des talibans à partir de Quetta, au Pakistan.

A-t-on déjà oublié toutes ces trahisons chez Biden et consorts?


Sources

Eric Pilon, La Presse, News18

 

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