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Des chercheurs ont testé des médicaments contre le SIDA sur de jeunes Américains vivant en famille d’accueil.

Des chercheurs financés par le National Institutes of Health (NIH), des États-Unis, ont testé pendant deux décennies des médicaments contre le SIDA sur des centaines d’enfants séropositifs vivant en famille d’accueil. La campagne aurait débuté dans les années 80 pour atteindre un pic dans les années 90, au moment où les agences de placement en famille d’accueil étaient à la recherche de traitements pour leurs enfants infectés par le VIH.

Les chercheurs garantissaient que ces enfants, dont la plupart venaient de milieux défavorisés, allaient recevoir des soins « de classe mondiale aux frais du gouvernement », permettant ainsi d’infléchir le taux de mortalité chez cette communauté. Mais on sait aujourd’hui que plusieurs d’entre eux ont été exposés à de graves effets secondaires causés par les médicaments à l’essai.

En tout, 13 878 jeunes d’au moins sept États, soit l’Illinois, la Louisiane, le Maryland, New York, la Caroline du Nord, le Colorado et le Texas, auraient participé à ces études cliniques; entre 5 % et 10 % venaient de familles d’accueil. L’âge de ces « enfants-cobayes » allait du nourrisson à l’adolescent.

De nombreuses études comprenaient des recherches risquées de phase I et II. Or, au moins 10 enfants de familles d’accueil sont décédés au cours de ces études, mais personne n’est en mesure de confirmer si un seul des décès était directement causé par les traitements expérimentaux. L’une des études, effectuée sur 52 enfants dans les années 90, a provoqué 26 réactions « modérées à sévères », pour la plupart chez des nourrissons. Certains des médicaments à l’essai ont été approuvés aux États-Unis, mais d’autres non.

Le gouvernement américain exigeait des chercheurs qu’ils nomment des surveillants indépendants pour tout enfant en famille d’accueil inscrit dans des études à risques, mais tous n’ont pas eu cette chance. Le simple fait de prétendre chez ces chercheurs que la recherche comportait un risque minimal pouvait les dispenser de cette obligation.


Sources

CBS News

 

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