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Les élites souhaitent vous imposer un nouveau style de vie qu’ils n’ont pas du tout l’intention d’adopter.

Dans son discours à la conférence COP26 sur le climat, le prince Charles, qui a vécu 72 ans dans le doux confort du palais de Buckingham, nous avertit que nous aurons besoin d’une « vaste campagne de style militaire » pour organiser une « transition économique fondamentale » en lien avec l’environnement. Le discours était teinté de catastrophisme, comme il se doit, mais surtout farci de malhonnêteté.

Car le prince a oublié de mentionner que la famille royale britannique a parcouru à elle seule 877 351 kilomètres par la voie des airs entre 2015 et 2020, de quoi polluer l’écosystème à double tour. C’est le même prince Charles qui a rencontré dimanche le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, pour prendre le thé, alors que ce dernier revenait d’une fête organisée en l’honneur de Bill Gates sur un yacht qui émet 7 020 tonnes de carbone par année.

Le PDG d’Amazon est arrivé à Glasgow à bord d’un avion Gulfstream qui fait partie d’une flotte de 400 jets privés attendus pour la conférence climatique. D’après le Daily Mail, cette lignée d’appareils va provoquer l’émission de 13 000 tonnes de dioxyde de carbone, soit l’équivalent de la quantité consommée par plus de 1 600 Britanniques chaque année.

Du côté du président américain Joe Biden, on estime que sa cavale à Rome, où se tenait le sommet du G20, et à Glasgow pourrait générer jusqu’à près d’un million de kilos de carbone. Les déplacements de son entourage ont nécessité le nolisage de 4 avions. Sur place, le président, comme les autres dignitaires politiques, se déplace dans un cortège composé de limousines et de véhicules 4×4.

Leonardo DiCaprio, le fabulateur d’Hollywood

Un autre hypocrite qui doit participer à la COP26 est Leonardo DiCaprio, sans contredit l’une des plus grosses pointures du mouvement environnementaliste « made in Hollywood »; il est aussi l’une des voix les plus critiques des humains que nous sommes. « L’humanité doit assumer la responsabilité à grande échelle de la destruction aveugle de son foyer collectif », a-t-il déjà dit, lui qui n’ignore pourtant pas qu’il contribue largement à cette destruction.

Selon le site Internet Wheels 24, aux dernières nouvelles, DiCaprio, dont la fortune était estimée en 2014 à 220 millions, possédait quatre voitures, dont une rutilante Porsche Cayenne. Toujours en date de 2014, le Mail Online rapportait que l’acteur possédait le même nombre de propriétés : deux appartements à New York et deux résidences de luxe, soit l’une à Hollywood, l’autre à Palm Springs.

La même année, la vedette avait emprunté le yacht Topaz, appartenant au cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, vice-premier ministre des Émirats arabes unis, pour se rendre au Brésil en vue de la Coupe du monde de soccer. Le Topaz, qui comporte deux pistes d’atterrissage pour hélicoptères, est une embarcation de 482 pieds dont le prix est estimé à 400 millions de livres, soit plus de 675 millions canadiens au prix d’aujourd’hui. Quelques mois plus tôt, DiCaprio et deux autres vedettes de Hollywood, Jamie Foxx et Orlando Bloom, avaient réservé le « superyacht » pour une soirée bien arrosée au large de New York.

Leonardo, d’ailleurs, aime bien voyager. Le Mail Online avait aussi révélé que du 1er janvier au 23 septembre 2014, l’acteur avait effectué vingt voyages, dont un pour se rendre en vacances sur la Côte d’Azur. Vingt voyages qui ont certainement laissé des traces indélébiles sur l’environnement.

Un vert libéral qui investit dans les gazoducs saoudiens

Parmi les autres hypocrites de renoms figure un Canadien proche du Parti libéral : Mark Carney. On ne sait si Carney assistera à la COP26, mais il a publié un message sur Twitter qui s’inscrit dans la logique du temps : « Face à l’énorme défi climatique, nous devons construire un système financier entièrement tourné vers le [zéro émission de carbone] », a-t-il écrit. « À la COP26, cherchez qui fait partie de la solution à 100 milliards de dollars ».

On veut bien chercher qui fait partie de la solution à 100 milliards de dollars, mais Carney devrait d’abord nous expliquer pourquoi Brookfield Asset Management, au sein de laquelle il occupe le poste de vice-président et chef des investissements de transition, a déposé une offre pour une participation de plusieurs milliards dans le réseau de gazoducs de Saudi Aramco, en Arabie saoudite.

Gazoducs? Un terme qui n’est certainement pas le bienvenu à Glasgow cette semaine.


Sources

Brookfield Asset Management, Financial Post, Huffington Post, The Daily Mail #1, #2, Twitter #1, #2, #3, Wheels 24

 

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