L’Institut de virologie de Wuhan fait de plus en plus l’objet de spéculations sur ses activités.

Quand Donald Trump faisait allusion à une possible fuite du coronavirus de l’Institut de virologie de Wuhan (IVW), les médias libéraux agitaient aussitôt le fanion du complotisme. Le président fréquentait trop les cercles de QAnon, disait-on à CNN, au Washington Post et au New York Times.

Or, depuis que les élections sont chose du passé à Washington, la thèse, loin d’être farfelue, revient dans l’actualité, même chez les anti-Trump qui se permettent désormais de sortir de leur réserve. L’un des exemples les plus probants est l’article du New York Magazine paru le 4 janvier et intitulé The Lab-Leak Hypothesis. D’autres plateformes de gauche commencent aussi à s’interroger sur cette possibilité, d’autant que le Parti communiste chinois ne fait rien pour calmer les esprits avec son attitude de fermeture.

Le département d’État américain aussi s’interroge, et ce, depuis le début de la pandémie; et il en a ajouté une couche le 15 janvier dans deux factsheets publiés sur son site Web. Sans offrir de preuve, le département affirme qu’il « a des raisons de croire que plusieurs chercheurs [de l’Institut de virologie de Wuhan] sont tombés malades à l’automne 2019 [et ont montré] des symptômes comparables à la fois au COVID-19 et à des maladies saisonnières courantes ».

Il souligne que l’IVW a travaillé sur le RaTG13, la souche du coronavirus la plus proche du SRAS-CoV-2 (96,2 % de similitude), de même qu’il a « collaboré à des expériences sur des animaux de laboratoire pour le compte de l’armée chinoise ».

Ces factsheets ont été publiés le même jour qu’un article du Taïwan News sur les mesures de sécurité de l’Institut de virologie de Wuhan. Vidéo à l’appui, le média taïwanais démontre avec minutie que les chercheurs de la célèbre institution affichent une certaine insouciance lorsqu’ils manipulent les outils et les animaux du laboratoire.

On peut même voir dans la vidéo que l’un des scientifiques du labo se fait mordre par une chauve-souris, sans être ému pour autant. Déjà, en 2018, l’ambassade des États-Unis à Pékin avait prévenu à deux reprises le département d’État de l’insuffisance des mesures de sécurité au sein de l’IVW.

Une équipe de l’Organisation mondiale de la santé est justement arrivée en Chine il y a quelques jours pour enquêter sur les origines du COVID-19. Il s’en trouve peu toutefois pour en espérer des résultats concluants puisque Pékin s’assure de contrôler étroitement les déplacements des membres de cette équipe. 


Sources

Gouvernement américain, Taïwan News

 

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