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Une responsable de l’enquête : des cadres de l’organisation « étaient au courant de ce qui se passait et n’ont pas agi ».

Des dizaines de travailleurs humanitaires, dont certains œuvraient pour le compte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont été impliqués dans des crimes à caractère sexuel durant la crise d’Ebola qui a secoué la République démocratique du Congo de 2018 à 2020, a annoncé mardi une commission indépendante.

L’enquête, déclenchée l’an dernier par la Fondation Thomson Reuters et un organisme appelé The New Humanitarian, a révélé que plus de 50 femmes ont été touchées par ces actes criminels durant les deux années de la crise. Vingt-neuf d’entre elles sont tombées enceintes et certaines ont été forcées par leurs agresseurs à se faire avorter.

Un exemple parmi d’autres : une jeune fille de 14 ans a déclaré à la commission qu’elle vendait des cartes de recharge téléphonique sur le bord de la route en avril 2019 lorsqu’un chauffeur de l’OMS, qui lui avait au départ proposé de la raccompagner chez elle, l’a emmenée dans un hôtel où il l’a violée.

Au moins 21 des 83 présumés agresseurs faisaient partie de l’équipe de l’OMS chargée de lutter contre l’Ebola. Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est excusé auprès des victimes. Ghebreyesus, qui cherche à obtenir un deuxième mandat à titre de directeur général, avait promis d’appliquer une politique de tolérance zéro envers, entre autres crimes, les agressions sexuelles. Les contrats qui liaient l’organisation aux employés fautifs ont été résiliés, mais rien n’indique pour le moment que ces derniers comparaîtront devant la justice.

La coprésidente de l’enquête, Aïchatou Mindaoudou, a déclaré que des personnes aux niveaux supérieurs de l’OMS « étaient au courant de ce qui se passait et n’ont pas agi ». Elle n’a toutefois fourni aucun nom.

L’épidémie d’Ebola, qui n’a été jugulée qu’en juin l’an dernier, a tué plus de 2 200 personnes au Congo.


Sources

Reuters

 

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