Le réseau social est prompt à censurer des personnalités occidentales, mais laisse la voie libre à la Chine dictatoriale. 

Facebook, comme d’autres réseaux sociaux, a déclaré la guerre à certaines idées et personnalités en les censurant de façon systématique, dans certains cas en les bannissant carrément de la plateforme. Mais elle se garde bien de faire de même avec la Chine, pourtant l’épicentre de la propagande anti-occidentale.

Une enquête de Press Gazette a ainsi permis de découvrir que le réseau social permet à des médias proches de Pékin comme China Daily et CGTN de publier des articles niant le génocide commis par la Chine à l’endroit des Ouïghours. Le fleuron de la Silicon Valley accepte même des publicités destinées à promouvoir ce contenu auprès de millions de personnes.

Le traitement réservé par la Chine aux Ouïghours dans la province occidentale du Xinjiang a été largement condamné en Occident, où ils sont plusieurs à accuser le Parti communiste chinois (PCC) de « génocide ». Mais Facebook ne semble éprouver aucune passion pour cette affaire.

À titre d’exemple, la Press Gazette rapporte que China Daily a remis la modique somme de 400 dollars pour cibler plus d’un million d’utilisateurs avec une vidéo qui dément les rapports de presse indépendants sur les événements du Xinjiang. Dans la vidéo en question, on explique comment « les politiciens, les groupes de réflexion et les médias occidentaux travaillent ensemble pour aligner les récits qui stimulent le débat public et s’insinuent dans la conscience publique souvent avec des intentions malveillantes ».

Un autre article commandité par China Daily fait la promotion d’une vidéo dans laquelle on mentionne qu’un rapport sur les camps ouïghours au Xinjiang est « complètement faux » et « directement tiré du manuel des astuces des médias occidentaux ».

Une troisième publicité promeut une autre vidéo qui accuse les médias occidentaux de répandre des « mensonges » et de pratiquer la « désinformation », qualifiant de « mythe » l’idée que la Chine commet un génocide contre les Ouïghours.

Un autre outil de propagande de Pékin, CGTN (China Global Television Network), n’est pas en reste. Maintenant interdit au Royaume-Uni, CGTN a payé Facebook pour publier un article faisant la promotion des vertus des « centres de formation professionnelle » au Xinjiang, « centres de formation professionnelle » étant un euphémisme désignant en réalité des camps de travail.


Sources

Press Gazette

 

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