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Un partenariat entre l’État saoudien et Google fait craindre le pire aux actionnaires de l’entreprise.

Ça risque de brasser un peu lors de la prochaine réunion des actionnaires du géant de l’Internet Google. C’est que des actionnaires souhaitent poser des questions aux dirigeants de cette entreprise sur un projet controversé en Arabie saoudite, certains mettant en garde contre la transmission de données sensibles qui pourraient se retrouver entre les mains des « tueurs à gages » de la famille royale.

Ce qui suscite l’inquiétude chez les actionnaires de Google, c’est un important centre de stockage informatique (« cloud computing ») que l’entreprise veut développer en partenariat avec Saudi Aramco, la compagnie pétrolière contrôlée par l’État saoudien. Le projet a été annoncé pour la première fois en 2020, Google affirmant qu’il aiderait les « clients saoudiens à développer et à faire évoluer leurs offres en toute confiance sur ce marché ».

Mais en coulisses, certains croient que le centre informatique permettrait au gouvernement saoudien d’espionner les opposants au régime. Ceux-là citent l’exemple de deux anciens employés de Twitter qui ont été accusés en 2019 d’avoir transmis des données privées sur des critiques saoudiens à un allié du prince héritier Mohammed bin Salman.

« Le gouvernement saoudien ira jusqu’au bout pour étouffer quiconque ose contester son régime autocratique et ses violations des droits de l’homme », a déclaré Rewan Al-Haddad, directeur de campagne d’un groupe d’actionnaires de Google appelé SumOfUs. « Un centre [de stockage de] Google sous juridiction saoudienne servirait essentiellement nos données sensibles sur un plateau d’argent aux meilleurs tueurs à gages saoudiens ».

Lors de la prochaine réunion annuelle chez Google, les actionnaires seront appelés à voter sur une proposition des membres de SumOfUs qui obligerait l’entreprise à publier un rapport sur les risques pour les droits de l’homme concerant son projet saoudien. La direction de Google a tenté d’empêcher la présentation de la résolution, arguant que la société dispose déjà de solides protections en matière de droits de l’homme.

La tâche sera ardue pour SumOfUs, car les cofondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, ont droit de veto sur toute résolution soumise par les actionnaires.

D’autres groupes militants, dont Human Rights Watch, Amnesty International et l’Electronic Frontier Foundation, ont également prévenu Google que cette entente avec Saudi Aramco pourrait permettre aux autorités saoudiennes d’espionner les dissidents.


Sources

The New York Post

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