Bill, Hillary et Chelsea Clinton ont longuement fréquenté Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell. Un dossier complet.

L’arrestation de l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, met en exergue les liens qui unissaient ces deux personnages avec des membres de l’élite financière et politique. Or, l’un de ces membres ressort plus que d’autres : Bill Clinton, un nom qui a été relativement épargné dans le documentaire Jeffrey Epstein: Pouvoir, argent et perversion (Jeffrey Epstein: Filthy Rich), diffusé sur Netflix.

Bill ne dit pas toute la vérité

Pourtant, Virginia Giuffre, l’une des victimes du réseau de prostitution d’Epstein, a affirmé avoir vu Bill Clinton sur l’île privée de l’ex-homme d’affaires, appelée communément « Orgy Island ». Et elle n’est pas la seule. Steve Scully, un ancien employé d’Epstein, a lui aussi témoigné de la présence de Clinton sur la même île.

Quoi qu’il en soit, celui qui avait fait les manchettes pour ses péripéties sexuelles impliquant Monica Lewinsky, en 1998, a minimisé ses relations avec l’ex-financier pédophile. Une stratégie de relations publiques, sans doute, mais les indices attestent une toute autre réalité.

C’est que le 42e président des États-Unis d’Amérique a prétendu qu’il avait effectué quatre voyages dans l’avion d’Epstein, le fameux Lolita Express, entre 2002 et 2003, soit un en Europe, un en Asie, et deux en Afrique. Ces voyages avaient été effectués dans le cadre de projets réalisés sous le parapluie de la Clinton Foundation. L’ex-président semble toutefois avoir omis quelques détails sur cette affaire, si l’on se base sur des sources médiatiques.

Des dossiers de vol publiés en 2015 par le site Gawker montrent que Clinton, dans les faits, a volé au moins une douzaine de fois dans l’avion privé d’Epstein. Fox News, par contre, a rapporté que les mêmes dossiers de vol indiquaient plutôt que l’ex-président avait volé 26 fois à bord du fameux jet, des chiffres confirmés par le site FactCheck.org qui a calculé 6 voyages comptant 26 vols.

En janvier 2002, par exemple, l’ex-président, son assistant Doug Band et des hommes du Secret Service comptaient parmi les passagers sur un vol en partance du Japon vers Hong Kong avec Epstein, son assistante Sarah Kellen, Ghislaine Maxwell et deux femmes décrites uniquement comme « Janice » et « Jessica ». Un mois plus tard, Clinton faisait un saut de Miami à Westchester, dans l’État de New York, sur un vol qui comprenait également Epstein, Maxwell, Kellen et une autre femme dont l’identité n’a pas été dévoilé.

L’ex-président américain a par ailleurs prétendu qu’il avait rencontré Epstein une seule autre fois, en 2002, dans son bureau de Harlem. On pourrait alors se demander pourquoi l’annuaire personnel d’Epstein, qui a été soumis comme pièce à conviction dans un premier procès contre lui au cours des années 2005-2006, contenait plus de 20 numéros, courriels et adresses pour entrer en contact avec Clinton. Ce n’est pas tout. Selon Politico, Bill et Hillary Clinton auraient logé au fameux ranch de Jeffrey Epstein, au Nouveau-Mexique, presque chaque année après le départ de la Maison Blanche du 42e président des États-Unis.

Clinton « me doit quelques faveurs »

Les liens entre Bill Clinton et Epstein remonteraient à 1995, si l’on se fie au site FactCheck.org qui a publié les résultats de son enquête sur le sujet. À l’époque, le président démocrate travaillait à sa réélection et Epstein aurait assisté à un dîner de collecte de fonds en son honneur à Palm Beach, en Floride, avec une douzaine d’autres personnes. Le dîner était organisé par le riche homme d’affaires Ronald Perelman.

Mais Bill Clinton étant ce qu’il est, il aurait entretenu une relation, celle-là beaucoup plus intime, avec nulle autre que la « proxénète » et ex-compagne d’Epstein, Ghislaine Maxwell. Dans A Convenient Death: The Mysterious Demise of Jeffrey Epstein, un livre paru le 2 juin 2020, les auteurs Alana Goodman et Daniel Halper affirment que les deux personnages se seraient même livrés à des ébats à bord du Lolita Express. Tous deux ont d’ailleurs été vus ensemble à quelques reprises, entre autres au Nello, un restaurant newyorkais de Madison Avenue, selon un article du New York Magazine. Lorsque Clinton s’est présenté à un gala de charité dans la Grande Pomme fin 2001, Maxwell était à ses côtés.

Cette dernière aurait en outre participé régulièrement à des événements liés à la Clinton Global Initiative et à la Clinton Foundation. Était-ce pour cette raison qu’Epstein aurait déclaré que Clinton lui devait quelques faveurs? C’est Virginia Giuffre qui a rapporté cette déclaration que l’ex-homme d’affaires lui aurait faite. De quoi s’agissait-il, au juste? Rien n’a réellement été dit à ce sujet.

Epstein plaide coupable, mais les relations avec les Clinton persistent

Cette proximité de Maxwell avec Bill Clinton s’est répercutée sur sa fille, Chelsea, qui a elle aussi tissé des liens avec l’ex-proxénète. Mais le rejeton des Clinton joue un peu dans la même cour que le paternel. C’est-à-dire que, comme Bill, elle aime contourner la vérité, comme cette fois où elle a déclaré qu’elle et son mari avaient fait la connaissance de Maxwell en 2011 par l’intermédiaire de Ted Waitt, PDG de Gateway.

C’était là une fausse déclaration, car Chelsea Clinton avait passé des vacances sur un yacht en compagnie de Maxwell en 2009. Donc, quatre ans après le début de la première enquête sur l’ex-homme d’affaires, avec Maxwell en arrière-plan, et un an après qu’il eut plaidé coupable pour racolage de mineures, ce qui lui avait valu d’être inscrit sur la liste des délinquants sexuels.

Puis en 2010, Maxwell était parmi les rares invités au mariage de Chelsea dans l’ancien domaine Astor à Rhinebeck, tout près de New York; une photographie circule d’ailleurs sur Internet à propos de cet événement. Or, puisque le nom de Ghislaine Maxwell est sorti du panier lors de la première enquête sur Epstein, comment Chelsea Clinton a-t-elle pu ignorer ses antécédents? Pour le moment du moins, elle a préféré garder le silence sur ces faits.


Sources

ABC News, Amazon, Fact Check, Gawker, Politico, Rolling Stone, The Daily Mail #1, #2, The New York Post, The New York Times, The Sun, Wikipedia


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