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On penche à gauche dans les universités, où les opinions divergentes sont censurées.

Si vous passiez une seule journée dans une université du Canada et des États-Unis, vous n’auriez plus l’impression de vivre dans un État démocratique. C’est du moins ce que démontrent deux études menées dans les deux pays : l’une expose la censure au sein du corps professoral, l’autre chez les étudiants.

Dans The Viewpoint Diversity Crisis at Canadian Universities: Political Homogeneity, Self-Censorship and Threats to Academic Freedom (La crise de la diversité des points de vue dans les universités canadiennes : homogénéité politique, autocensure et menaces à la liberté académique), l’Institut Macdonald-Laurier nous adresse une sérieuse mise en garde : nos dirigeants de demain ne verront plus la liberté d’opinion comme étant sacrée.

Les chercheurs rapportent en premier lieu que sur 1 043 professeurs sondés à travers le Canada, 88 % se disent de gauche. À l’heure où le terme « diversité » prend le dessus sur tout le reste, on se demande si les universités ont compris le message.

Mais ce qui fait froid dans le dos lorsque l’on tient compte des résultats de l’étude, c’est la peur qui envahit ceux dont les opinions sont contraires à celles de la majorité sur les campus. Les chercheurs ont ainsi constaté que 44 % des professeurs qui se disent de droite craignent que leurs opinions aient des conséquences négatives sur leur carrière. Normal, car 40 % de ces professeurs de droite ont déclaré qu’ils faisaient face à un environnement de travail hostile, tandis que 57 % disent s’autocensurer afin d’éviter les affrontements.

On peut les comprendre : un tiers de tous les professeurs interrogés ont déclaré qu’ils étaient prêts à limiter la liberté académique et à dénoncer leurs collègues qui ne sont pas d’accord avec leurs opinions politiques sur la justice sociale.

La situation n’est guère plus réjouissante chez nos voisins du sud, si l’on se fie à la Foundation for Individual Rights and Expression (FIRE) qui a publié il y a quelques jours son classement annuel des universités en matière de liberté d’expression. « Ce classement est issu d’une enquête menée auprès [d’environ] 45 000 collégiens dans plus de 200 universités aux États-Unis », nous révèle le magazine Contrepoints.

La même publication ajoute que « le malaise dans l’expression et la censure pure et simple des points de vue impopulaires restent des problèmes courants sur les campus universitaires américains ». Bref, un copier-coller de ce que l’on retrouve au Canada.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « 64 % des étudiants craignent qu’une mauvaise compréhension de ce qu’ils disent ou font puisse nuire à leur réputation »; « 48 % ont déclaré qu’ils seraient “très mal à l’aise” ou “plutôt mal à l’aise” » d’exprimer leur opinion sur un sujet politique controversé [devant] d’autres étudiants dans un espace public du campus »; « 38 % ont déclaré qu’ils seraient mal à l’aise de le faire pendant une discussion en classe ».


Sources

Contrepoints, The Toronto Sun

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