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Voici comment la politique « COVID-zéro » a transformé ce pays docile en république autoritaire.

Vous ne voudriez pas vivre cinq minutes en Australie. Cet État de l’Océanie, pourtant plus proche de l’esprit démocratique que de l’autoritarisme, a adopté des mesures sanitaires qui n’ont rien à envier à certaines dictatures, résultat d’une politique « COVID-zéro » qui ne donne aucune chance aux propagateurs du virus.

Voici comment ce pays s’est hissé au sommet de la liste des « démocraties » les plus autoritaires de la pandémie.

Camps de quarantaine sous surveillance

Le premier ministre de l’État du Queensland (équivalent d’une province) était fier d’annoncer le 26 août qu’il était le premier à établir des « camps de quarantaine » pour « maintenir la communauté en sécurité ». On ne sait si ce PM a eu raison d’affirmer que son fief était un pionner en ce domaine, mais chose certaine, le terme renvoie à une époque que le monde occidental souhaite sincèrement oublier.

Surtout que les quarantenaires ont tout intérêt à se tenir peinards dans les camps en question, car des policiers peuvent à tout moment y faire un saut pour vérifier si tous se conforment aux règles. C’est précisément durant l’une de ces visites qu’une femme, pour ne citer que cet exemple, a été avertie de mettre son masque lorsqu’elle buvait du thé.

À ce sujet d’ailleurs, le premier ministre de l’État de Victoria, Daniel Andrews, a sermonné publiquement les « délinquants » en les prévenant qu’à l’avenir il ne leur sera plus possible de retirer leur masque « pour boire un cocktail dans un café en plein air ». Il n’a toutefois donné aucune instruction sur la méthode à suivre pour avaler du liquide avec un masque. On aurait aimé obtenir quelques précisions à cet égard.

L’île prison

Le gouvernement de l’État d’Australie-Méridionale n’a certes pas installé des camps de quarantaine comme le Queensland, mais il a imposé des politiques tout aussi restrictives.

Et l’une de ces politiques en a fait tiquer plusieurs : les voyageurs de retour au bercail se voient désormais remettre une « affiche de quarantaine » qu’ils doivent coller à leur porte, question de montrer aux autres qu’il est risqué de s’approcher d’eux. Et attention : la police effectue régulièrement des contrôles de conformité sur ces personnes assignées à résidence et le gouvernement a fait appel au sens moral des citoyens de l’État pour qu’ils dénoncent les « dissidents » qui auraient l’idée saugrenue de s’éloigner de leur pré carré.

Ce n’est pas tout. Ces « confinés » de l’Australie-Méridionale doivent obligatoirement télécharger une application qui associe la reconnaissance faciale à la géolocalisation, ce qui permet aux autorités de surveiller leurs allées et venues. Le processus va comme suit : des responsables de l’État contactent des personnes au hasard et leur demandent de fournir une preuve de leur position géographique dans les 15 minutes suivant l’appel. En cas d’échec, ils risquent d’écoper d’une amende salée.

Pour ceux que ça intéresse, le nombre de nouveaux cas répertoriés en Australie-Méridionale en date du 16 septembre était de deux. Les décès? Zéro depuis avril 2020.

Dans toute l’Australie, les frontières sont fermées depuis mars 2020. Les Australiens à l’intérieur du pays ne sont plus autorisés à sortir, tandis que ceux qui sont retenus à l’étranger ne peuvent revenir au pays, sauf en cas d’extrême urgence. Et même les déplacements interétatiques exigent beaucoup d’effort et de patience. Tout récemment, le gouvernement du Queensland a interdit à un garçon de trois ans de rejoindre ses parents après qu’il eut été bloqué dans un autre État où il était en vacances avec ses grands-parents.

À Shepparton, une ville de l’État de Victoria, quelques cas de la variante Delta ont conduit le gouvernement à mettre la ville en quarantaine. On a aussi cru bon de dépêcher des militaires pour s’assurer que les 20 000 résidents respectent au pied de la lettre les ordonnances sanitaires.

Toujours dans l’État de Victoria, une femme enceinte a été arrêtée en présence de ses enfants parce qu’elle avait publié un message sur Facebook appelant à une manifestation pacifique contre le confinement.

Voilà donc où on en est au pays des kangourous.


Sources

Google, Rebel News, #1, #2, #3, Summit News, The Atlantic, The Federalist, Twitter

 

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