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Des documents confidentiels montrent que Twitter s’inquiète du projet d’Ottawa visant à réguler Internet.

Le gouvernement Trudeau est de plus en plus la cible de critiques à l’international avec son positionnement autoritaire et les derniers tirs d’artillerie ont été déclenchés par un gros joueur chez les réseaux sociaux : Twitter. Le Globe and Mail a mis la main sur une lettre confidentielle que la direction de Twitter a fait parvenir au fédéral et dans laquelle elle a comparé le plan de ce dernier visant à réguler Internet aux politiques drastiques de pays tels que Chine, la Corée du Nord et l’Iran.

Tout juste avant la campagne électorale fédérale de 2021, le gouvernement a proposé une loi pour lutter contre le discours haineux en ligne, le contenu incitant à la violence, les images d’abus commis sur des enfants et le partage non consensuel d’images intimes. Le ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a cependant décrété une pause dans l’implantation du programme afin de permettre davantage de consultations à cet égard.

Plusieurs pensent  que cette loi causerait beaucoup de tort à la liberté d’expression et risquerait d’étouffer le débat politique. La contestation cible entre autres le bien-fondé d’une section de la proposition de loi qui donnerait des pouvoirs élargis au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), notamment sur l’accès à des bases de données d’entreprises privées.

Du côté de Twitter, on qualifie de « drastique » la « proposition du gouvernement du Canada de permettre au commissaire à la sécurité numérique de bloquer des sites Web ». En outre, « si le Canada veut être considéré comme un champion des droits de la personne, un chef de file de l’innovation et de la neutralité du Net à l’échelle mondiale, il doit également établir les normes les plus élevées de clarté [et] de transparence ».

Mais Twitter n’est pas le seul à avertir Ottawa des risques que comporte son projet. Le Conseil national des musulmans canadiens croit pour sa part que la volonté du gouvernement Trudeau de contrôler l’information sur le Web « pourrait entraîner […] l’une des attaques les plus importantes contre les communautés marginalisées et racialisées depuis des années ».


Sources

Michael Geist, The Globe and Mail

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