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Pendant la pandémie, un programme d’Ottawa consistait à surveiller les déplacements de nombreux Canadiens.

On a su l’an dernier que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) avait obtenu des données de 33 millions d’appareils pour mener des recherches sur les « modèles de mobilité de la population » pendant les confinements. Le projet n’a été dévoilé qu’après que l’ASPC eut publié un appel d’offres pour poursuivre le programme de surveillance jusqu’au 31 mai 2023.

En février dernier, la Chambre des communes a finalement voté de justesse l’arrêt temporaire du programme malgré l’opposition des députés libéraux. Le programme fait également l’objet d’une vérification par le commissaire fédéral à la protection de la vie privée.

Bien que les responsables de l’ASPC maintiennent que toute information personnelle a été supprimée des données, des experts ont contesté cette affirmation et accusé l’agence fédérale d’avoir enfreint les droits des Canadiens. Une accusation infondée? Peut-être pas, car on vient de connaître quelques détails de cette surveillance et ont peut dire sans se tromper qu’elle avait le bras assez long. Elle comprenait entre autres le suivi des réunions de famille, les visites à l’épicerie et d’autres types de déplacements, tels que les voyages interprovinciaux.

Des documents soumis au comité d’éthique des Communes montrent que le fédéral a travaillé de concert avec une société d’analyse de données appelée BlueDot. Au départ, la tâche de BlueDot était de suivre « l’épidémie et d’anticiper sa propagation ». Mais l’entreprise a fourni à l’ASPC des rapports anonymisés afin que les responsables de la santé publique puissent suivre les mouvements des Canadiens.  

BlueDot est une habituée des contrats et subventions d’Ottawa, elle qui a reçu 344 000$ de ce dernier en 2018-2019, 412 449,91$ en 2019 et plus de 500 000$ en 2020.


Sources

The Counter Signal, The Globe and Mail, TNC #1, #2, The Real Andy Lee Show

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