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Des experts contestent la récente étude canadienne qui prétend que les vaccinés sont mis à risque par les non-vaccinés.

L’étude a fait les manchettes dans tous les médias traditionnels le 25 avril dernier : selon l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto, « les personnes vaccinées qui se mêlent à celles qui ne le sont pas ont un risque significativement plus élevé d’être infectées que celles qui côtoient des personnes qui ont reçu le vaccin », rapportait La Presse et de nombreux autres médias.

Une telle conclusion ne pouvait que faire sourire les journalistes libéraux, trop soucieux de promouvoir l’autoritarisme sanitaire tel que le prescrivent la plupart des gouvernements occidentaux, en particulier ceux du Canada. Surtout que l’un des coauteurs de l’étude, David Fisman, a déclaré que les résultats de son étude justifiaient « la mise en œuvre de mesures de santé publique telles que les passeports vaccinaux et les obligations vaccinales ».

Ce que les médias ont omis de rapporter, cependant, c’est l’envers de la médaille. Car des experts n’ont pas tardé à réfuter les conclusions de l’étude de l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto. « Il est particulièrement problématique qu’un document de modélisation si détaché de la réalité contienne une condamnation aussi explicite et forte des “non-vaccinés” », a écrit James Doidge, statisticien médical au sein de l’Intensive Care National Audit & Research Centre du Royaume-Uni, dans une réponse publiée sur le site Web du Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC), le 28 avril.

Doidge et ses collègues font valoir que le modèle utilisé dans l’étude de David Fisman est « fondé sur une hypothèse à laquelle même les auteurs ne croient pas » et qu’elle propose une « simplification excessive d’un problème épidémiologique, social et bioéthique complexe ». Ils déplorent entre autres que l’étude en question ne tienne pas compte du déclin de l’immunité. « En ignorant le déclin de l’immunité (issue à la fois de la vaccination et des infections antérieures), les auteurs ont construit un modèle dans lequel l’immunité collective persiste, laissant une partie résiduelle de la population non infectée de manière indéfinie », ont avancé Doidge et ses collègues.

Ces derniers ont aussi condamné l’aspect politique de l’étude de Fisman. « Le potentiel de ce travail à favoriser la division sociale, la colère et le blâme […] est contraire à l’éthique de la santé publique », ont-ils déclaré.

Un autre expert, le Dr Byram Bridle, immunologiste et professeur agrégé à l’Université de Guelph, en Ontario, a dit de l’étude de Fisman qu’elle constituait « un discours de haine à peine voilé sous le couvert de la science », mais surtout qu’elle était remplie d’erreurs. Bridle a en outre affirmé que les auteurs de l’étude avaient tort de supposer que les vaccins contre le COVID-19 offraient une immunité totale contre le virus et que les injections de rappel offraient une protection maximale contre la variante Omicron.

Il a rappelé que les données montraient clairement qu’un « nombre disproportionné de cas » était diagnostiqué parmi la sous-population qui avait reçu la dose de rappel. Bridle a également noté que l’étude ne faisait aucunement mention des problèmes de sécurité entourant les vaccins et qu’elle présumait que l’immunité de base parmi les non-vaccinés n’était que de 20 % alors qu’elle est beaucoup plus élevée, selon lui.


Sources

La Presse, The Epoch Times

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