L’Azerbaïdjan est un rival hostile de l’Arménie, mais aussi un État voyou pourfendeur des droits de la personne.

Même s’il traîne un dossier lourd en matière de droits de l’homme et qu’il a commis des atrocités contre les populations arméniennes, l’Azerbaïdjan a profité ces dernières années de l’angélisme libéral et de la générosité incompréhensible de l’Union européenne (UE).

De 2013 à 2019, les pays de l’Union ont investi environ 16 milliards de dollars américains dans l’économie azerbaïdjanaise. En parallèle, 227 millions d’euros de prêts garantis par l’UE ont été accordés à 12 500 entreprises azerbaïdjanaises depuis 2009. Et tout récemment, l’UE a mobilisé 31,6 millions pour permettre à l’Azerbaïdjan de mieux répondre à la crise du coronavirus.

En octobre 2017, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) avait approuvé un prêt de 500 millions de dollars américains pour la construction du gazoduc transanatolien (TANAP) qui doit acheminer le gaz naturel de l’Azerbaïdjan vers l’Europe occidentale, via un autre État voyou, la Turquie. En mars 2018, c’était au tour de la Banque européenne d’investissement (BEI) d’approuver un prêt cette fois de 932 millions d’euros pour le même TANAP.

Par ailleurs, entre 2015 et 2019, près de 1 600 étudiants et membres du secteur académique de cette ancienne république soviétique ont eu la possibilité d’étudier ou d’enseigner dans les pays de l’UE dans le cadre du programme Erasmus.

Le bulletin de l’Azerbaïdjan en matière de droits de l’homme n’a pourtant jamais frôlé la note de passage. Human Rights Watch (HRW) rapportait l’an dernier qu’au moins 43 personnalités, parmi lesquelles figuraient des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes, des militants politiques et religieux, étaient incarcérées sans justification dans cet État islamique. Des dizaines d’autres, qui étaient détenues ou faisaient l’objet d’une enquête, avaient été victimes de harcèlement, ce qui a conduit certaines d’entre elles à fuir le pays.

HRW poursuivait en soulignant que des « lois restrictives [empêchaient] les organisations non gouvernementales (ONG) de fonctionner de manière indépendante » en Azerbaïdjan.


Sources

Human Rights Watch, New Eastern Europe, Union européenne

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