Depuis longtemps, Pékin mène une vaste campagne servant à endoctriner les jeunes avec à l’avant-scène l’Institut Confucius.

Les départements d’État et de l’Éducation des États-Unis ont récemment mis en garde les administrateurs et commissaires des établissements d’enseignement contre la menace « réelle et croissante » que le gouvernement chinois fait peser sur les étudiants américains.

Cette fois, ladite menace provient des « Confucius classrooms » (salles de classe Confucius), dirigées par l’Institut Confucius, lié directement au Parti communiste chinois (PCC). « Conçues comme des programmes de langue et de culture, les salles de classe Confucius sont en réalité un élément important de la campagne d’influence mondiale de la [République populaire de Chine] (RPC), atteignant désormais des dizaines de milliers d’écoliers américains chaque jour », ont souligné le secrétaire d’État Mike Pompeo et la secrétaire de l’Éducation Betty DeVos.

Deux secrétaires qui se disent inquiets de l’« orientation autoritaire » que proposent ces programmes d’enseignement. « Le gouvernement de la RPC a supprimé les droits de l’homme et les libertés à Hong Kong; intensifié la répression de longue date des minorités ethniques et linguistiques dans les soi-disant “régions autonomes du Tibet”, de la Mongolie intérieure et d’ailleurs, [de même qu’il] est engagé dans le plus grand internement au monde d’une minorité religieuse […] dans la “région autonome” du Xinjiang », ont-ils déploré dans leurs messages.

Le journal canadien The Globe and Mail a d’ailleurs récemment consacré un article sur un cas patent, celui d’une école de Coquitlam, en Colombie-Britannique. Selon des documents obtenus par le Globe grâce à la loi sur l’accès à l’information, l’Institut Confucius, par l’entremise d’un curriculum sur le mandarin et la culture chinoise, aurait demandé aux autorités scolaires de présenter des rapports sur les développements politiques au Canada.

Parmi les documents figurent des courriers électroniques, un ordre du jour des réunions du conseil d’administration de l’Institut, le texte intégral des accords signés avec le siège chinois de ce dernier, des programmes détaillés d’événements parascolaires ainsi qu’un aperçu interne des activités d’enseignement de l’institut.

On y apprend, par exemple, que lors du dixième anniversaire de l’Institut Confucius de Coquitlam, un groupe d’enfants ont brandi leurs poings en récitant un poème patriotique de la Chine appelé « Je suis fier, je suis chinois ». Le poème fait l’éloge du drapeau étoilé de la Chine et de « l’esprit de Yan’an », une référence à la révolution communiste. Par ailleurs, un des manuels utilisés par l’institut et enseigné aux enfants qualifie Taïwan de province chinoise.

Avec l’accumulation des mises en garde, de nombreux gouvernements et commissions scolaires de par le monde ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec l’Institut Confucius.


Sources

Clarion Project, The Globe and Mail