Ce n’est pas une farce : l’Iran et le Pakistan vont promouvoir les droits des femmes à l’ONU.

L’Iran et le Pakistan, deux pays peu portés sur les droits de la personne, encore moins sur le droit des femmes, ont été élus cette semaine à la Commission de la condition de la femme de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour un mandat de quatre ans. Cette commission est « dédiée exclusivement à la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes », d’après le site même de l’ONU. Créée en 1946, elle comporte 46 membres.

C’est un euphémisme de dire que ces élections ont été accueillies froidement par des militants des droits de la personne. « C’est surréaliste. Un régime [l’Iran] qui traite les femmes comme des citoyennes de deuxième classe, les emprisonne pour ne pas porter le hidjab obligatoire, leur interdit de chanter [et] d’entrer dans les stades, et ne les laisse pas voyager à l’étranger sans la permission de leurs maris est élu au plus haut organe de l’ONU pour les droits des femmes », a dénoncé Masih Alinejad, journaliste iranienne et elle-même militante.

Dans son index des droits de la personne de 2020, le Cato Institute, des États-Unis, a placé l’Iran au 158e rang des pays les plus libres, sur une liste qui en comprend 162. Le Pakistan, lui, figurait au 140e rang. Puis dans son rapport annuel de 2020, Amnesty International rendait compte du fait que « [l]a violence domestique, le viol conjugal, le mariage forcé ou précoce et les autres formes de violences […] faites aux femmes et aux filles […] restaient très répandus » au pays des ayatollahs.

UN Watch, une ONG qui surveille étroitement les activités de l’ONU, a demandé à l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, et aux États de l’Union européenne de condamner l’élection de l’Iran à la commission.

Sur le site Web de l’organisme, Hillel Neuer, son directeur, a affirmé « qu’au moins quatre des quinze membres du groupe des démocraties occidentales ont voté pour intégrer l’Iran ». On ne connaît pas les noms de ces pays puisque le vote s’est déroulé en secret. On peut cependant mentionner que l’Australie, l’Autriche, le Canada, la Finlande, la France, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse, le Royaume-Uni, le Portugal et les États-Unis sont les pays démocratiques membres de cette commission.

Sources

Cato Institute, Le Figaro, UN Watch

 

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