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La lanceuse d’alerte qui a rendu publique cette nouvelle a été congédiée de son poste au sein de l’ONU le 10 novembre.

Emma Reilly, ex-employée au sein du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), rapporte que l’organisme international a fourni les noms de certains dissidents au gouvernement dictatorial de la Chine. Reilly dit avoir découvert cette pratique pour la première fois en 2013 lorsque la délégation chinoise à Genève avait réclamé auprès de l’ONU la liste des « séparatistes chinois antigouvernementaux » qui devaient s’exprimer devant le Conseil des droits de l’homme. La lanceuse d’alerte aurait alors fait pression sur l’organisme pour qu’il refuse la requête chinoise, mais des courriels prouvent que c’est plutôt le contraire qui s’est produit.

Les courriels en question, qui ont fait l’objet de fuites, montrent que le supérieur immédiat de Reilly, Eric Tistounet, a conseillé à son personnel de partager les noms des dissidents avec la Chine pour ne pas « exacerber la méfiance chinoise à notre égard ». L’affaire a d’ailleurs été confirmée « du bout des lèvres » par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), ce qui n’a pas empêché Tistounet de qualifier les allégations de « propagande d’extrême droite ».

D’autant plus qu’un tribunal a donné raison à Emma Reilly en 2020. Parmi les grands médias qui se sont intéressés au dossier, le journal français Le Monde y a consacré un article le 9 novembre dernier et Newsweek a suivi quelques jours plus tard. Or, le lendemain de la parution de l’article dans Le Monde, Emma Reilly se faisait congédier de son poste au sein du Conseil des droits droits de l’homme.

L’organisme a informé la lanceuse d’alerte qu’elle était licenciée pour « faute grave » et « pour avoir été engagée dans des communications non autorisées avec des parties externes en rapport avec des questions concernant les activités officielles de l’Organisation ». Ces agissements de l’ONU avec la Chine se seraient déroulés entre mars 2013 et octobre 2015, selon Emma Reilly.

L’organisme international a nié avoir mis la vie des dissidents en danger, mais il reste que la mère de Dolkun Isa, un militant des droits de l’homme de l’ethnie ouïghoure, est morte dans un centre de détention en Chine en 2018.


Sources

Newsweek, The Telegraph

 

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