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Pour justifier la Loi sur les mesures d’urgence contre les camionneurs, le PM s’était référé à de fausses nouvelles de CBC.

Des enregistrements sur les délibérations menant à l’adoption de la Loi sur les mesures d’urgence en février montrent que le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, avait déclaré que son gouvernement s’était appuyé sur des reportages de CBC pour justifier le recours à ladite loi. Problème de taille : le réseau d’État s’est plus tard rétracté en supprimant deux « fake news » sur le Convoi de la liberté, dont l’une d’elles avait servi de levier à la justification du recours aux mesures d’urgence.

Les audiences sur l’adoption de la loi avaient eu lieu le 23 février et c’est autour du 13-14 mars que CBC avait décidé de retirer ses deux nouvelles maintenant admises comme étant fausses. La première de ces fausses nouvelles avait été colportée par l’animatrice Nil Koksal, de l’émission Power and Politics, qui avait laissé entendre que le Convoi de la liberté était une machination des Russes. Or, personne n’a trouvé une once de preuves sur une possible implication de la Russie dans le mouvement des camionneurs.

Mais c’est surtout la deuxième fausse nouvelle qui aurait inspiré le gouvernement Trudeau à passer à l’acte avec ses mesures d’urgence. Selon cette nouvelle, le Convoi de la liberté aurait reçu des fonds de l’étranger, possiblement de groupuscules d’extrême droite. CBC en avait même rajouté une couche en déclarant que c’était « des milliers de dons suspects » qui avaient été offerts de l’étranger.

C’était faux. Témoignant devant le comité de la sécurité publique des Communes le 3 mars, Juan Benitez, PDG de GoFundMe, la plateforme de financement participatif qui s’est occupée des dons avant de de désister, a été ferme : près de 90 % des dons collectés pour le fameux convoi provenaient du Canada. Information corroborée par GiveSendGo, l’autre plateforme de financement participatif qui a pris la relève de GoFundMe. Même les propres enquêteurs du gouvernement n’ont trouvé aucun signe de fonds illégaux remis au convoi.

Cette loi sur les mesures d’urgence ne faisait tellement pas l’unanimité à Ottawa que le premier ministre Trudeau avait dû la révoquer moins de 48 heures après que la Chambre des communes l’eut approuvée, jugeant que « les lois en place [étaient] suffisantes pour assurer la sécurité de la population ». Dans les faits, cette volte-face avait été provoquée par le Sénat, dont la majorité des membres avait l’intention de désavouer le premier ministre.


Sources

La Presse, La Presse Canadienne via La Voix de l’Est, The Toronto Sun, TNC #1, #2

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