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Kathrin Jansen, ex-haut cadre chez Pfizer, avoue que la pharmaceutique a été vite à fabriquer le vaccin.

De nombreuses langues se sont déliées depuis la fin de la pandémie (quoique certains donnent l’impression qu’elle ne se terminera jamais). C’est le cas de certains des acteurs clés de cette crise qui n’en finit plus, comme Kathrin Jansen, ex-chef de la division de la recherche et développement sur les vaccins chez Pfizer.

Dans une récente entrevue avec la revue Nature Reviews Drug Discovery, Jansen a parlé de la période initiale du développement du vaccin de Pfizer contre le COVID-19. Un vaccin qui a d’ailleurs été le premier à obtenir l’autorisation de distribution au Royaume-Uni, aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Depuis lors, les ventes totales de ce produit devraient dépasser les 70 milliards de dollars américains d’ici la fin de 2022.

Par contre, on s’interroge de plus en plus sur son efficacité. Janine Small, directrice des marchés mondiaux chez Pfizer, a fini par admettre il y a à peine un mois durant les audiences de la Commission spéciale du Parlement européen sur le COVID-19 que le vaccin de son entreprise n’avait jamais été destiné à prévenir la transmission du virus.

Quand cette nouvelle est sortie, les médias ont tenté de calmer le jeu en disant que cette constatation avait été faite dès le début de la première campagne de vaccination. Peut-être, mais il reste que présidents, premiers ministres, experts et journalistes de par le monde nous répétaient le contraire. Faites-vous vacciner pour ne pas attraper le COVID, nous disait-on.

Or, Kathrin Jansen, maintenant à la retraite, est elle aussi passée aux aveux, peut-être sans le vouloir. Pour expliquer le développement du vaccin au cours du printemps, de l’été et de l’automne 2021, elle a employé cette phrase qui dit tout : « Nous avons fait preuve de créativité — nous ne pouvions pas attendre les données, nous devions faire tellement de choses à risque. Nous avons piloté l’avion alors que nous étions encore en train de le construire ».

En d’autres termes, on a créé un vaccin avant même d’avoir obtenu toutes les données sur son efficacité et ses effets secondaires. 

De poursuivre Jansen : « Toute la bureaucratie est tombée. Nous faisions les choses en parallèle, en examinant les données et en [fabriquant le vaccin]. Habituellement, la production n’intervient que des années après le début d’un programme ».

Peut-on se surprendre du scepticisme croissant du public envers l’industrie pharmaceutique?


Sources

Nature Reviews Drug Discovery

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