L’équipe de l’OMS chargée d’enquêter sur les origines du coronavirus revient les mains vides. Et pourtant…

Il est peu probable que le coronavirus ait été l’objet d’une fuite d’un laboratoire chinois, nous apprend ce mardi l’équipe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée de trouver les origines du COVID-19. La délégation soutient notamment que la thèse la plus plausible est que le virus s’est propagé chez les humains à partir d’un animal.

« Nos conclusions initiales suggèrent que l’introduction par l’intermédiaire d’une espèce hôte est la voie la plus probable et celle qui nécessitera davantage d’études et de recherches plus spécifiques », a déclaré Peter Ben Embarek, expert de l’OMS en matière de sécurité alimentaire et de maladies animales.

Un brouillard opaque sur Wuhan

L’organisme onusien aura cependant fort à faire pour convaincre les sceptiques, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, les réticences du gouvernement chinois à accepter la présence d’une délégation étrangère sur son territoire nous font penser à une campagne de dissimulation. L’OMS a en effet eu beaucoup de mal à négocier une entente avec les instances du Parti communiste, peu enclines à accepter que des experts venus d’ailleurs enquêtent sur un sujet aussi sensible sur leur propre terrain.

Subissant une pression forte à l’international, Pékin a fini par céder, mais non sans réclamer une contrepartie : la délégation de l’OMS ne pouvait accéder à certains lieux, tandis que toute discussion avec des journalistes lui était interdite. C’est en mai 2020 que l’organisme onusien a adopté une résolution exigeant l’ouverture d’une enquête pour, entre autres, déterminer les origines du COVID-19. Ce n’est toutefois qu’à la deuxième semaine de janvier que l’équipe en question a pu mettre les pieds à Wuhan, l’épicentre du coronavirus.

La Chine avait-elle donc quelque chose à cacher? Pour mieux prendre la mesure du phénomène, on doit en premier lieu tenir compte de la campagne de désinformation et de propagande lancée par le gouvernement chinois dès les débuts de la pandémie. Le réseau américain PBS en a révélé certains détails dans son documentaire China’s COVID Secrets, diffusé pour la première fois le 2 février dernier. Ses révélations ne font que confirmer ce que d’autres médias démontrent depuis plusieurs mois.

Entre autres, on sait aujourd’hui que la transmission interhumaine du virus était un fait connu dès la fin de décembre, alors que la Chine a attendu le 20 janvier pour en faire part à l’OMS. Des semaines de procrastination qui ont été fatales quant à la lutte contre le coronavirus. On sait aussi qu’au début de janvier 2020, la Commission nationale chinoise de la santé « avait envoyé des instructions secrètes aux laboratoires, leur interdisant de publier leurs résultats sans autorisation et leur demandant de détruire ou de remettre leurs échantillons » aux responsables du Parti communiste, des décisions qui ont eu des conséquences désastreuses pour la suite des choses.

Peter Daszak, l’ami de la Chine

Autre source de préoccupation chez les sceptiques : la nomination de Peter Daszak comme chef de file de l’équipe de l’OMS. Daszak est président d’EcoHealth Alliance, un organisme qui a reçu de près de 100 millions en subventions du gouvernement américain pour effectuer de la recherche sur les virus. Mais voilà : Daszak a collaboré à de multiples reprises avec l’Institut de virologie de Wuhan (IVW), celui-là même qui est visé par des rumeurs sur de possibles fuites du virus.

Conflit d’intérêts? Quand le journaliste John Sudworth, de la BBC, avait demandé à Daszak s’il ferait pression pour accéder à l’Institut de virologie de Wuhan, la réponse du scientifique fut des plus directes : « Ce n’est pas mon travail de faire ça ». Daszak a admis récemment qu’au moment où des informations ont commencé à circuler au printemps 2020 sur une possible fuite de laboratoire concernant le COVID-19, il s’était donné pour mission de défendre publiquement ses collègues de Wuhan.

Fait intéressant : parmi les bailleurs de fonds de l’Institut de virologie de Wuhan figure le National Institute for Allergy and Infectious Diseases (NIAID) à la tête duquel figure un certain Anthony Fauci. Autre fait intéressant : l’administration Trump avait décidé de mettre un frein au financement de l’institution chinoise en raison des risques liés à la recherche sur les virus.

Aucune preuve n’indique que le COVID-19 puise ses origines dans un laboratoire, mais il n’en demeure pas moins que la délégation de l’OMS, qui revient les mains vides de son enquête, apporte peu d’éléments pouvant faire avancer la recherche sur les origines du virus. Pire : elle risque d’apporter de l’eau au moulin des sceptiques, voire des complotistes.


Sources

Intelligencer, PBS, Newsweek, The Daily Caller, The Federalist, The Telegraph, Yahoo News

 

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