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Francine Pelletier s’est fait montrer la porte du journal Le Devoir après une chronique qui déviait de la ligne éditoriale.

Le 26 janvier dernier, la chroniqueuse Francine Pelletier a publié un éditorial cinglant, possiblement le plus critique à l’égard du gouvernement de la CAQ et des autorités sanitaires depuis le début de la pandémie. Cette chronique, intitulé La pandémie revue et corrigée, a toutefois provoqué sa perte. Car pour avoir voulu dévier de la trajectoire que se sont imposée les médias ces deux dernières années, Pelletier a été congédiée par la direction du Devoir.

En gros, la journaliste déplorait l’absence de débats entourant la pandémie et reprochait au gouvernement de trop mettre l’accent sur les vaccins en négligeant l’efficacité de certains médicaments dans le traitement contre le COVID. Cerise sur le gâteau : certaines mesures sanitaires, nous disait-elle, n’étaient pas justifiées. Un vent de fraîcheur dans l’air vicié des médias?

Certainement, mais l’article de Pelletier, même s’il a été accepté au départ, a semble-t-il été mal digéré par la direction du Devoir. Le lendemain de sa publication, le directeur de journal, Brian Myles, faisait passer son message sur Twitter : « Cette chronique [de Francine Pelletier] nous a valu de nombreuses plaintes de nos lecteurs avertis. Après vérification, nous reconnaissons des erreurs factuelles importantes et nous les rectifions. Le Devoir révisera ses processus d’édition à l’avenir ».

Le 28 janvier, le journal faisait une mise au point en soulignant les fameuses « erreurs factuelles » qu’aurait commises Pelletier. Aujourd’hui, la journaliste fait ses adieux au Devoir. Une  phrase de ce texte d’adieu résume bien sa pensée : « Je ne crois pas beaucoup à LA vérité. Je crois davantage au débat. Le bon journalisme, dit-on, vise “la meilleure version accessible de la vérité” ».

Aux États-Unis et ailleurs dans le monde occidental, des journalistes ont aussi été l’objet de censure ou même de congédiement pour avoir osé s’écarter de la trame narrative. Au Québec, le milieu avait été relativement épargné jusqu’à présent. En espérant que la démarche ne sera pas renouvelée.


Sources

Le Devoir #1, #2, #3, Twitter

 

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