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Ce qui était une recommandation est devenu réalité pour des milliers, voire des millions d’Allemands.

Pour le moment, la politique n’est implantée que dans une seule ville, mais à voir l’étendue des dégâts, elle risque de se propager ailleurs en Allemagne. La ville de Hanovre a interdit l’eau chaude dans les bâtiments publics et instauré d’autres politiques pour réduire la consommation de chauffage et d’énergie au moment où l’Europe s’attend à faire face à une crise du gaz naturel cet hiver.

Il s’agit de la première ville à prendre des mesures aussi drastiques en Allemagne. Il n’y aura plus donc d’eau chaude dans les édifices publics de Hanovre pour se laver les mains. Ce n’est pas tout : la ville compte aussi réduire le chauffage dans les bâtiments publics et d’y éteindre les lumières. « L’objectif est de réduire notre consommation d’énergie de 15 % », a déclaré le maire Belit Onay, du parti Alliance 90/Les Verts. « Il s’agit d’une réponse à la pénurie de gaz imminente, qui est un grand défi pour les municipalités, en particulier pour une grande ville comme Hanovre ».

De son côté, la capitale, Berlin, a décidé d’éteindre les projecteurs qui illuminent des édifices et 200 monuments historiques. On s’attend à ce que d’autres villes emboîtent le pas.

L’Europe entière, pas seulement l’Allemagne, risque de toute façon de passer un hiver 2022-2023 plus ou moins tranquille. Il y a quelques semaines, la Commission européenne a publié un communiqué de presse qui fait froid dans le dos. Son titre : Des économies de gaz pour un hiver sûr : la Commission propose un plan de réduction de la demande de gaz pour préparer l'[Union européenne] à des réductions de l’approvisionnement.

En fait, la Commission propose une réduction de la consommation d’énergie de 15 %, une proposition sur laquelle Hanovre s’est semble-t-il appuyée. Une simple recommandation? Peut-être pas : la Commission n’écarte pas « la possibilité de déclarer, après consultation des États membres, une “alerte de l’Union” sur la sécurité de l’approvisionnement, qui imposerait une réduction obligatoire de la demande de gaz à tous les États membres ».

Pour parvenir à leurs fins, les élites européennes comptent prochainement « lancer des campagnes de sensibilisation du public afin de promouvoir la réduction du chauffage et de la climatisation à grande échelle ». Les Européens devront donc s’attendre à un peu moins de confort au cours des prochains mois.

Et c’est bien sûr l’Allemagne qui risque le plus d’en payer le prix. Il y a une dizaine d’années, l’ex-chancelière allemande Angela Merkel annonçait que son pays fermerait toutes ses centrales nucléaires pour se consacrer à l’énergie propre. L’Allemagne comptait autrefois 17 réacteurs; il n’en reste plus que trois, lesquels devraient tous être mis hors ligne d’ici la fin de l’année. Depuis ce temps, le pays est de plus en plus dépendant du gaz russe, étant entendu que les énergies propres — solaire et éolienne — manquent de fiabilité.

Le problème : le gaz russe se fait de plus en plus rare depuis le début du conflit avec l’Ukraine.


Sources

CNN, Commission européenne, Eric Pilon, The Guardian

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