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En 2013, Justin Trudeau disait être fasciné par la Chine. Ce qu’il avait omis de dire, c’est qu’il en était profondément lié.

Dans un article paru ce mardi, le Globe and Mail y va de quelques révélations intéressantes sur le premier ministre canadien. Le journal rapporte que les mémoires de Justin Trudeau avaient été rééditées en Chine quelques mois après l’arrivée au pouvoir des libéraux grâce à un accord conclu entre l’éditeur canadien du PM et une maison d’édition chinoise dépendante de Pékin. Les relations entre le Canada et la Chine allaient bon train à l’époque, une situation qui a toutefois évolué vers le bas ces dernières années.

Le Globe a interviewé quelques anciens conseillers en politique étrangère proches des libéraux et presque tous ont été sans équivoque : s’ils avaient été mis au courant de l’accord conclu entre les deux firmes d’édition, ils auraient dissuadé le premier ministre d’y donner son aval.

Et pour cause. La firme d’édition chinoise, Yilin Press, appartient à Jiangsu Phoenix Publishing and Media, une entreprise d’État qui sert d’instrument de propagande pour le compte du Parti communiste chinois (PCC). Pour les experts, la réédition des mémoires de Trudeau en Chine faisait partie d’un stratagème dont l’objectif pour Pékin est de s’attirer les bonnes grâces des dirigeants étrangers.

Justement, la promotion qui accompagnait la sortie du livre en Chine encensait Justin Trudeau, mentionnant au passage qu’il avait hérité « du charisme exceptionnel » et des « qualités de leadership de son père ».

Or, au même moment où les mémoires de Trudeau sortaient en Chine, des hommes d’affaires chinois liés à Pékin versaient de l’argent à la Fondation Pierre Elliott Trudeau et faisaient la queue pour assister à des soirées de financement du Parti libéral.

Certains de ces hommes d’affaires ont même pu rencontrer le premier ministre en personne. C’était le cas de Shenglin Xian, président de Shenglin Financial Corp. et fondateur de Wealth One Bank of Canada. Xian était présent à au moins une collecte de fonds libérale à 1 500$ le couvert à une époque où il était en attente de la décision des régulateurs fédéraux concernant l’introduction de son institution financière sur le marché canadien.


Sources

CBC, The Globe and Mail #1, #2

 

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