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La Commission européenne a proposé des allègements en matière de visas pour les ressortissants du Qatar et du Koweït.

La Commission européenne a proposé mercredi de lever l’obligation de visa pour les ressortissants de deux États du Moyen-Orient, le Qatar et le Koweït. Une fois cette proposition adoptée, les ressortissants de ces deux pays titulaires d’un passeport biométrique n’auront plus besoin d’un visa lorsqu’ils se rendent dans l’Union européenne à des fins professionnelles, touristiques ou familiales pour de courts séjours d’une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours.

La Commission dit avoir évalué divers critères avant de prendre cette décision, des « critères relatifs, entre autres, à l’immigration clandestine, à l’ordre public et à la sécurité, aux avantages économiques, ainsi qu’aux relations de l’Union avec les deux pays concernés ». Ce sera au Parlement européen et au Conseil de l’Europe d’examiner la proposition.

Un projet à haut risque

Ladite proposition de la Commission européenne n’est pas surprenante en soit : que des technocrates non élus ignorent ou feignent d’ignorer le dossier noir du Qatar en matière de terrorisme n’a malheureusement rien d’anormal. Le geste se veut d’abord économique : le Qatar est le plus gros exploiteur de gaz naturel au monde. À ce titre, il est vu comme le digne remplaçant de la Russie pour fournir les pays de l’Union européenne (UE).

Mais le Qatar est aussi l’un des plus grands commanditaires du terrorisme. « Le Qatar a adopté une approche largement passive […] contre le financement du terrorisme. Le niveau global de coopération [de l’émirat] avec les États-Unis en matière de lutte contre le terrorisme est considéré comme le pire de la région ». Ces mots avaient été couchés sur une note diplomatique rédigée en 2009 par une certaine Hillary Clinton, à l’époque où elle était secrétaire d’État sous Barack Obama.

On sait que le Qatar a abrité et abrite peut-être encore des membres du Hamas et qu’il a financé des groupes liés à Al-Qaida dans divers pays, notamment en Syrie. Puis des documents mis au jour par le Middle East Forum (MEF) en décembre 2021 montrent que plus de 46 000 subventions de la Sheikh Eid Bin Mohammad Al Thani Charitable Association, également connue sous le nom d’Eid Charity, ont été distribuées entre autres au Canada et en France. Or, l’Eid Charity a un dossier tout aussi noir que son principal bailleur de fonds, le Qatar, en matière de terrorisme.

L’organisation caritative est en effet proche de la famille royale du Qatar. Au Yémen, elle a fait don de près de 20 millions de dollars à des organisations caritatives liées à Al-Qaida. Dans les territoires palestiniens, la même association a remis 3 millions de dollars au Comité du Qatar pour la reconstruction de Gaza qui soutient publiquement le Jihad islamique palestinien. L’Eid Charity a également versé 5 millions de dollars à la Société caritative islamique d’Hébron, associée au Hamas.

Au Pakistan, 830 subventions totalisant près de 11 millions de dollars ont été versées par l’Eid Charity à une organisation qui, selon le Middle East Forum, « semble correspondre au nom et aux emplacements de l’Al-Furqan Foundation Welfare Trust, que le Trésor américain » croit être un soutien financier et matériel à des groupes terroristes du Pakistan et de l’Afghanistan, dont certains proches d’Al-Qaida.

En France, près de 1,5 million d’euros provenant de l’Eid Charity sont allés à des institutions liées aux Frères musulmans, entre autres à l’Institut européen des sciences humaines (IESH). Selon le MEF, parmi les anciens étudiants de l’IESH figurent des membres d’Al-Qaida. Au Canada, ce sont plus de 6,7 millions de dollars de subventions qui ont été distribués par l’Eid Charity à huit organisations ces dernières années.


Sources

Global News, L’Express, Valeurs actuelles, Middle East Forum #1 et #2, Union européenne, Wikipedia

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