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Les propos injurieux tenus par le premier ministre contre des manifestants étaient « inutiles », selon Richard Fadden.

Les commentaires du premier ministre Justin Trudeau à l’endroit des non-vaccinés et des camionneurs du Convoi de la liberté étaient « inutiles » et ont pu donner des munitions aux extrémistes, a déclaré l’ancien directeur du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Richard Fadden, devant un comité des Communes jeudi.

« Je ne pense pas que s’en prendre à des points de vue soit utile à qui que ce soit, ni à vous, ni à moi, ni au premier ministre », a lancé Fadden lors d’une réunion du Comité permanent de la sécurité publique qui doit examiner les phénomènes d’extrémisme violent à motivation idéologique.

Fadden répondait à une question de la députée conservatrice Raquel Dancho qui lui avait demandé si Trudeau avait lui-même alimenté l’extrémisme en parlant des non-vaccinés comme étant des personnes « misogynes » affichant des « opinions marginales inacceptables ». « Vous pouvez ne pas être d’accord avec [ces personnes], mais je pense que le premier ministre est allé trop loin et je ne pense pas que cela ait été utile », a lâché Fadden, ajoutant que « c’est le genre de chose qui renforce le sentiment chez [ces personnes] qu’elles ne sont pas écoutées ».

On se souviendra que le premier ministre avait tenu des propos controversés lors de l’émission La semaine des 4 Julie diffusée sur le réseau Noovo, en septembre dernier. « [Les non-vaccinés] sont des extrémistes qui ne croient pas en la science », avait-il dit. « Ce sont souvent des misogynes, souvent aussi des racistes ». Il avait par la suite qualifié les manifestants du Convoi de la liberté de « petite minorité marginale » aux « opinions inacceptables ».

Pour Richard Fadden, il vaut mieux dialoguer avec les anti-vaccins et les manifestants plutôt que de les frapper d’ostracisme.

Des nouvelles mensongères

L’hiver dernier, le gouvernement et ses alliés médiatiques avaient très tôt accusé les manifestants d’Ottawa de moult qualificatifs injurieux. Des accusations qui n’ont pourtant jamais tenu la route. En mars, CBC et Radio-Canada avaient dû se rétracter à au moins deux reprises à ce sujet. La première rétractation concernait la fausse nouvelle selon laquelle le Convoi de la liberté était fort possiblement une machination des Russes. C’était du moins ce que l’animatrice Nil Koksal avait laissé entendre le 28 janvier à l’émission Power and Politics, diffusée sur le réseau canadien. 

La deuxième fausse nouvelle était encore plus odieuse puisqu’elle impliquait le premier ministre Justin Trudeau et son exécutrice des basses oeuvres, Chrystia Freeland. Selon ces deux comparses, le Convoi de la liberté aurait reçu des fonds de l’étranger, peut-être même de groupuscules d’extrême droite. CBC/Radio-Canada avait relayé la nouvelle sans se demander si elle était avérée.

Le réseau en a même rajouté une couche en déclarant que c’était « des milliers de dons suspects » qui avaient été offerts de l’étranger. C’était faux. Témoignant devant le comité de la sécurité publique des Communes le 3 mars, Juan Benitez, PDG de GoFundMe, la plateforme de financement participatif qui s’était occupée des dons avant de de désister, a été ferme : près de 90 % des dons collectés pour le fameux convoi provenaient du Canada.

Information corroborée par GiveSendGo, l’autre plateforme de financement participatif qui avait pris la relève de GoFundMe. Même les propres enquêteurs du gouvernement n’ont trouvé aucun signe de fonds illégaux remis au convoi. La nouvelle a donc elle aussi été supprimée des ondes et du site Web de CBC/Radio-Canada.

Tout récemment, la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, a révélé que la police fédérale n’avait jamais demandé au gouvernement d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour faire face aux manifestations du Convoi de la liberté. Un témoignage qui contredit les déclarations faites par Trudeau à la Chambre des communes.


Sources

The Epoch Times, The Toronto Sun, TNC

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