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Une ex-employée d’un labo qui a effectué des recherches cliniques pour Pfizer a souligné de nombreux écarts de protocole.

Certains qualifient cette affaire de Pfizergate, en référence au tristement célèbre Watergate de Richard Nixon. Une lanceuse d’alerte, Brook Jackson, qui a occupé le poste de directrice régionale chez Ventavia Research Group, la plus grande société de recherche clinique privée du Texas, dit avoir été congédiée parce qu’elle aurait trop parlé.

Ventavia Research Group était l’une des entreprises embauchées par Pfizer pour tester son vaccin contre le COVID l’an dernier. En septembre 2020, Jackson dit avoir « informé à plusieurs reprises ses supérieurs de la mauvaise gestion du laboratoire, des problèmes de sécurité des patients et des problèmes d’intégrité des données », rapporte le média Marcel D.

Mais les dirigeants de Ventavia n’ont pas bougé d’un iota. Exaspérée, la lanceuse d’alerte a monté un dossier sur l’affaire en documentant les manquements au protocole, pour ensuite le soumettre à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, le 25 septembre 2020. C’est à ce moment qu’elle a été congédiée.

Quels sont donc les problèmes soulevés par Jackson chez le labo de Ventavia? Entre autres : participants non surveillés par le personnel clinique après l’injection du vaccin; manque de suivi en temps opportun des patients ayant subi des événements indésirables; écarts de protocole non signalés; vaccins conservés à la mauvaise température; échantillons de laboratoire mal étiquetés.

Manque de ressources? Un cadre de Ventavia aurait expliqué à Jackson « que l’entreprise n’était pas en mesure de quantifier les types et le nombre d’erreurs  » qui se produisaient « lors de l’examen des documents d’essai pour le contrôle qualité ». Si tel est le cas, on ne peut que s’en inquiéter.

On ne sait si la FDA a effectué un suivi du dossier. Ce que l’on sait par contre, c’est que d’autres employés de Ventavia ont soulevé des questions quant à la gestion du laboratoire texan. L’une de ces employés a d’ailleurs déclaré « qu’elle avait travaillé sur plusieurs dizaines d’essais cliniques au cours de sa carrière, y compris de nombreux essais à grande échelle, mais qu’elle n’avait jamais connu un environnement de travail aussi “désordonné” que celui de Ventavia lors de l’essai de Pfizer ».


Sources

Marcel D.

 

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