Ce pays est pourtant un rival hostile de l’Arménie, mais aussi un État pourfendeur des droits de la personne.

Dans un communiqué paru ce mercredi, l’Union européenne (UE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé qu’elles allaient appuyer la campagne de vaccination en Azerbaïdjan, un pays islamique pourtant proche de l’Iran et hostile aux intérêts de l’Arménie chrétienne.

Les deux organisations ont précisé qu’elles alleint couvrir toutes les phases de la vaccination dans ce pays, l’UE assurant un investissement de 40 millions d’euros sur trois ans afin de faciliter la distribution des vaccins non seulement en Azerbaïdjan, mais aussi dans les les cinq autres « pays partenaires de l’Est », soit l’Arménie, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Malgré qu’il traîne un dossier lourd en matière de droits de l’homme et qu’il ait commis des atrocités contre les populations arméniennes, l’Azerbaïdjan a profité au maximum ces dernières années de l’angélisme libéral et de la générosité incompréhensible de l’Union européenne (UE). De 2013 à 2019, les pays de l’Union ont investi environ 16 milliards de dollars américains dans l’économie azerbaïdjanaise. En parallèle, 227 millions d’euros de prêts garantis par l’UE ont été accordés à 12 500 entreprises azerbaïdjanaises depuis 2009.

En octobre 2017, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) avait approuvé un prêt de 500 millions de dollars américains pour la construction du gazoduc transanatolien (TANAP) qui doit acheminer le gaz naturel de l’Azerbaïdjan vers l’Europe occidentale, via un autre État voyou, la Turquie. En mars 2018, c’était au tour de la Banque européenne d’investissement (BEI) d’approuver un prêt cette fois de 932 millions d’euros pour le même TANAP.

Le bulletin de l’Azerbaïdjan en matière de droits de l’homme n’a pourtant jamais frôlé la note de passage. Human Rights Watch (HRW) rapportait l’an dernier qu’au moins 43 personnalités, parmi lesquelles figuraient des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes, des militants politiques et religieux, étaient incarcérées sans justification dans cet État islamique. Des dizaines d’autres, qui étaient détenues ou faisaient l’objet d’une enquête, avaient été victimes de harcèlement, ce qui a conduit certaines d’entre elles à fuir le pays.

HRW poursuivait en soulignant que des « lois restrictives [empêchaient] les organisations non gouvernementales (ONG) de fonctionner de manière indépendante » en Azerbaïdjan.


Sources

Eric Pilon, UE

 

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