Retour à la normale dans les déplacements internationaux? Pas si vite. L’efficacité des vaccins chinois serait mise en doute.

On entend généralement peu parler des îles Seychelles. Lieu paradisiaque de l’océan Indien, les Seychelles se targuaient, il n’y a pas si longtemps, d’être l’un des États les plus vaccinés au monde contre le COVID-19. En mars, la nation insulaire dépassait même Israël avec plus de la moitié de sa population entièrement vaccinée.

Mais voilà : malgré ces succès, le pays, à la mi-mai, faisait face à une nouvelle vague de cas. Prises par surprise, les autorités seychelloises ont cherché à trouver la cause de cette résurgence. Le 10 mai, elles annonçaient que plus du tiers des Seychellois qui avaient contracté le virus étaient vaccinés.

Les jeunes ont été mis en cause, mais ils ne peuvent certainement pas tous porter le fardeau du « dégel viral ». Alors une question s’est imposée dans les esprits : les vaccins chinois sont-ils aussi efficaces qu’on le prétend? Car aux Seychelles, 57 % des vaccins proviennent de la Chine. Depuis lors, de plus en plus de pays qui les utilisent ont vu le nombre de cas augmenter, ce qui a incité des experts à réévaluer leur efficacité.

On sait que 95 pays ont signé des ententes avec les distributeurs chinois. Sur près de 800 millions de doses promises par la Chine, 272 millions ont été livrées à l’échelle mondiale jusqu’à présent. À part les Seychelles, au moins deux autres pays hautement vaccinés et fortement tributaires du vaccin Sinopharm ont également connu une augmentation du nombre de cas : le Bahreïn et la Mongolie.

Le Bahrain dit toujours vouloir faire confiance aux vaccins chinois. Il vient pourtant d’offrir à ses résidents qui ont reçu une dose de Sinopharm l’option de changer pour Pfizer à la seconde dose. Les Émirats arabes unis ont fait de même, proposant même l’injection d’une troisième dose de Sinopharm.

Ailleurs, Santiago, la capitale chilienne, a imposé samedi un autre confinement à ses résidents après une forte augmentation de cas, là où près de 60 % des citoyens sont entièrement vaccinés par l’entremise de Sinovac, une autre pharmaceutique chinoise. De 3 249 nouveaux cas le 4 mai, le Chili est passé à 7 216 cas le 5 juin, malgré une hausse de la vaccination.

Il faut dire que l’efficacité des vaccins chinois soulèvent des questions en coulisses depuis quelque temps déjà. Fin mai, Pékin lui-même disait vouloir offrir la possibilité d’injecter une troisième dose à ses citoyens pour accentuer et prolonger les effets desdits vaccins. En avril, le chef du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, George Gao, a semblé reconnaître le problème, affirmant que l’efficacité des vaccins nationaux n’était « pas élevée », selon ses propres mots.

Sinopharm, de son côté, a prétendu que son vaccin était efficace à 79 %. Mais des experts ont émis des mises en garde : les études de la pharmaceutique chinoise étaient basées sur des cohortes de patients de moins de 60 ans, principalement composées d’hommes dont la moyenne d’âge était d’environ 31 ans.

Cette problématique représente évidemment un obstacle de taille pour ce qui concerne les déplacements internationaux. Plusieurs pays, dont certains regorgent de lieux de vacances, vont peut-être devoir limiter le nombre de touristes, du moins jusqu’à ce qu’ils revoient leurs campagnes de vaccination. Ce qui pourrait, dans leurs cas, retarder de beaucoup le retour à la normale.


Sources

Ars Technica, Business Insider, Google

 

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